Dixit

Un spectacle insolite entre philosophie existentielle et réflexions très pertinentes sur la place des croyances dans l’histoire de l’humanité, qu’elles soient religieuses ou prosaïques, jugements à l’emporte pièce ou valeurs personnelles… autant dire une problématique qui balaye large puisqu’on passera en moins de deux heures du Big Bang à nos jours. Figures universelles comme le Christ, poème épique moyenâgeux autour du héros Roland, personnage beaucoup plus controversé comme Charles Manson et la famille, sans oublier la conquête spatiale ou Jack Ma, cet homme d’affaires chinois qui a fait fortune avec sa plateforme de ventes en lignes Alibaba… Presque un inventaire à la Prévert si tout ne relevait de la même logique à savoir essayer de définir ou d’appréhender pour quelles raisons, avouables ou non, l’être humain a eu besoin, au fil de l’histoire, pour se construire de force mythes face auxquels, par nécessité ou par défaut, il a fallu à un moment donné se positionner… en y adhérant, en s’y opposant ou en proposant une alternative… « La fabrique des idoles » présenté hier soir à la MJC de Rodez débute par un prologue face au public sous forme de questionnaire farfelu, puis les trois acteurs de la Compagnie MégaSuperThéatre vont tout au long de la représentation proposer plusieurs pistes, que l’on est libre de suivre ou pas, pour essayer de confronter le public à la question fondamentale: croire ou pas… si oui qui? pourquoi? comment? etc… C’est dire si le sujet est éminemment complexe et qu’il fallait oser pour en faire le thème unique de cette création… mais décliné dans différents registres. D’où un mélange des genres à la fois dans l’expression artistique qui va du happening au répertoire plus conventionnel, où la narration se nourrit de questionnements autant que de fantaisie, le tout au goût du jour avec l’omniprésence des médias,- chambre d’échos ou vecteur démesuré de ces interrogations?- que dans le texte bien structuré et parfaitement documenté de Théodore Olivier… Un discours qui ne peut qu’interpeller: où l’évocation de ces situations permet à l’intrigue de rebondir sans cesse, la narration chronologique évoquant ainsi autant le cheminement des idées et des mentalités des différentes époques qu’elle ne témoigne de son évolution, un récit ponctué d’humour ici où là par quelques répliques décalées ou une immense reproduction d’un tableau de Nicolas Poussin par exemple…                                                                                                                                                Un spectacle ambitieux et très prometteur porté par un trio d’acteurs qui ne se ménage pas.

 

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