D’art d’art

C’est avec une fantaisie de Jean-Michel Ribes »Mammouth art » que s’achevait dimanche en fin d’après-midi la 14ème édition du Festival ThéàtraVallon, une comédie pince sans rire toute d’humour décalé voire bien noir et de folie douce. La mise en scène de Tahar Guemghar pour la compagnie Les Simonins venue du Lot voisin est délicieuse de malice et d’inventivité et servie par des acteurs qui s’en donnent à cœur joie pour dynamiter le discours ambiant sur la culture en général et l’art en particulier. Métaphores bien senties, bons mots et autres réflexions à double sens, tout le monde en prend pour son grade tout spécialement « les professionnels de la profession » comme dirait Jean-Luc Godard. Répliques péremptoires de critiques hors sol, mines désabusées des uns ou déconcertées des autres, regards tout de scepticisme ou dubitatifs devant des performances artistiques qui n’ont de performances que le nom, hilarante séquence sur l’auteur incompris qui trucide joyeusement sa mère devant les télé-objectifs de plus en plus surdimensionnés des médias qui ne veulent rien rater!!! Les déambulations des visiteurs de ce musée imaginaire sont réjouissantes à souhait, tous plus imbus de leur personne, ironiques ou accablés devant ces tableaux que l’on ne voit jamais… On rit, on s’esclaffe tant les répliques font mouche, et dans lesquelles chacun s’empressera de reconnaître son voisin plutôt que lui même… « Le syndrome de la beauté… l’allégorie du mammouth… les fenêtres sur le monde… le miroir de l’âme… les merdes devenues chefs d’oeuvre » et autres aphorismes déclamés tête haute sont autant de moments qui distillent plaisir partagé et euphorie contagieuse. Voir ces férues de gymnastique aiguiser leur forme physique dans les longs couloirs, ou le défilé de collégiennes en jupettes écossaises écouter sans mot dire mais n’en pensant pas moins, leur prof en pleine crise de délires version Dali sont parmi les scénettes plus frappadingues. Idem pour les questions métaphysiques de gardiennes en apesanteur, Munch ou Rodin brillamment campés ou in vivo la réalisation d’une pieta en extase enveloppée de ses draps blancs…  Quant à la conclusion martelée et scandée comme un leitmotiv : « l’art est un scandale et le musée se glisse dans ça » voilà qui ne manquera pas d’interpeller tout un chacun… vaste programme et mise en  abîmes. Une réussite indéniable!

Cet article, publié dans Théâtre, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour D’art d’art

  1. soberclem dit :

    excellent! les Simonins vont être contents! personnellement j’ai trouvé la séquence des gardiens de musée un peu longuette mais le jeu des comédiens est homogène , les costumes bien choisis, la mise en scène fluide.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s