Nouveau Chat-pitre

C’est le dernier opus en date de la saga du Chat, une série débutée il y a presque 40 ans dans le supplément du journal francophone belge Le Soir… et dont on ne se lasse pas. Un personnage toujours aussi flegmatique que philosophe, désinvolte que malicieux pour nous embarquer avec délice dans son monde bien à lui. Entre aphorismes délirants à la logique implacable et réflexions désabusées entre ironie et folie douce, il reste égal à lui-même… et c’est pour ça qu’on l’adore! Air bonhomme, costume passe-partout et gouaille irrésistible, il nous offre une nouvelle salve de sentences sans appel, de proverbes revus et corrigés qui nous interpellent, nous font sourire ou nous esclaffer, voire compilent des propos hautement fantaisistes mais aussi évoquent des questions sociales ou politiques qui ne manquent ni de pertinence ni d’à-propos. Jeux de mots improbables, expressions imagées détournées et réinterprétées dans leur sens premier, discussions nébuleuses, pédantes, insignifiantes ou carrément déjantées, version pattes de velours du en-même-temps pour être raccord avec le politiquement correct qui se voudrait très tendance, vignettes solitaires, triptyques caractéristiques ou planches entières nous font voyager avec bonheur dans son univers farfelu mâtiné de maximes bien senties, cet humour belge impertinent et ravageur dont on se régale aussi chaque matin sur France-Inter. Bien sûr, il y a des pages plus abouties, des séquences meilleures que d’autres mais « La rumba du Chat » publiée chez Casterman est toujours dans la même excellente veine, cet esprit à la fois distancié et subtilement subversif. Comme Bruxelles possède non seulement son Musée de la Bande Dessinée mais aussi son parcours de fresques murales pour rendre hommage aux grands auteurs de cette forme d’expression, on ne s’étonnera pas que le Chat y soit immortalisé. De cette nouveauté disponible à la médiathèque de Rodez, mais aussi de la trentaine d’albums précédents, il ne faut absolument pas se priver, car pour reprendre une bulle relevée sur la couverture intérieure de ce volume: « Le Chat est grand et Gelluck est son prophète »!

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