Autofocus

Nous sommes à Mumbai anciennement Bombay, dans cette immense mégalopole surpeuplée deux personnages qui n’ont absolument rien en commun vont, par le plus grand des hasards, se croiser. Lui gagne chichement sa vie en photographiant les touristes devant les monuments emblématiques de la vieille ville, elle étudiante de bonne famille ne refuse pas sa proposition d’un rapide cliché pour une somme dérisoire… Ainsi débute une histoire toute de romantisme feutré, de non-dits lourds de significations, de regards furtifs qui se cherchent, de gestes à peine ébauchés, de silences éloquents pour toucher à l’intime… Quel contraste entre lui qui partage une chambre vétuste dans un quartier déshérité avec des compagnons d’infortune vivant eux aussi de petits boulots et elle qui vit dans une belle maison bourgeoise avec domestique à demeure toujours à ses petits soins. Quand lui survit tant bien que mal envoyant régulièrement au village l’essentiel de ce qu’il gagne, elle ne se prive de rien… Pour elle, ses saris étincelants et la confiance acquise dans son parcours universitaire remarquable, pour lui des vêtements tout de banalité et le poids d’un lourd passé familial… Les différences de classes sociales, de religions, de castes dans un pays tel que l’Inde sont autant de barrières qui se dressent entre eux, un fossé que l’on imagine aisément infranchissable tant il heurte de conventions et de coutumes millénaires… lesquelles vont peu à peu s’effriter face à la vitalité de la grand-mère du héros venue lui rendre visite. Yeux pétillants de malice, reparties toutes de bons sens et intuition bienveillante, elle sera pour son petit-fils d’une aide précieuse contrairement à l’entourage de la jeune fille, laquelle doit résister aux pressions toujours plus insistantes car on veut à tout prix lui trouver le prétendant adéquat… Trois figures à la fois si dissemblables mais complémentaires pour esquisser le portrait symbolique d’un pays qui compte de plus en plus au plan international, au carrefour de la modernité et de la tradition, voilà l’objectif du dernier opus en date de Ritesh Batra « Le photographe ». Un long métrage tout de nuances et en retenues, où les sentiments ne peuvent que se dévoiler avec parcimonie, tout en délicatesse et en fragilité, qu’incarnent paradoxalement avec beaucoup d’intensité les trois acteurs principaux…. Avec en pirouette ultime un clin d’œil au cinéma version Bollywood dont Bombay abrite tant de productions!                                                                                                                                Un film aussi touchant que subtil encore à l’affiche, à voir en version originale bien sûr.

Cet article, publié dans Cinéma, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s