Grand format

Une troupe inventive d’une vingtaine de membres, joyeusement délirante et prête à toutes les audaces, voilà comment on pourrait qualifier le collectif PDF présent depuis quelques années déjà à Toulouse. « Portés de femmes » spectacle proposé hier soir par la M.J.C de Rodez mais décentralisé pour l’occasion à la Baleine déborde d’originalité, de créativité et d’enthousiasme communicatif, un show exclusivement féminin où plus que les numéros plus enlevés les uns que les autres, c’est de complicité énergisante, de volonté collective à toute épreuve et d’intelligence partagée dont il est question. Du cirque, certes au sens où les voltiges des unes font écho aux équilibres spectaculaires des autres, l’intrépidité se nourrit de grâce et de sensualité, les variations acrobatiques envahissent l’espace bien sûr, mais surtout une façon nouvelle de s’approprier la scène et au-delà même, en s’immergeant par instants parmi le public, pour proposer d’autres perspectives: un autre regard, la féminité revendiquée non pas comme une finalité exclusive, mais au contraire comme une composante intrinsèquement fondamentale. De la technicité pure et codifiée, on glisse imperceptiblement vers un maelström de folie douce contagieuse porteuse de valeurs éthiques, donc in fine éminemment politiques. Et il n’y a pas lieu de s’étonner alors que tout cela soit prétexte à faire entendre de nombreuses problématiques très diverses: la grossesse et le plaisir charnel, en parallèle de paroles recueillies auprès de prostituées, la fragilité défiée et la sublimation des corps, l’affirmation de soi et la confiance en autrui. Musiques envoûtantes et lumières soignées sont au diapason des divers tableaux, où la dextérité des unes n’a d’égale que la maîtrise des autres. Isolée ou en groupe, simultanément ou successivement, chaque figure, chaque composition, chaque chorégraphie s’inscrit dans ce capharnaüm frappadingue à haute intelligence ajoutée. Naïades en bonnets à paillettes version Esther Williams revue et corrigée façon parodie du « Grand bain », mêlées explosives pour s’arracher un insaisissable bouquet de fleurs… aucun temps mort pour ce spectacle pétillant autant que déjanté, jouissif autant que novateur… la quintessence du femina sapiens brillamment mise en scène par Virgine Baes… qui plus est en présence d’une représentante du Ministère de la Culture! On peut voir ou revoir ce spectacle demain à Millau à la Maison du Peuple à 2o heures 30.                                                                              Rien de tel pour démarrer en fanfare l’année nouvelle…

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