Claire-obscure

Quand Claire Diterzi débarque jeudi soir sur la grande scène de La Baleine, elle est vêtue de noir de pied en cap, sorcière machiavélique en clone de Morticia de la Famille Adams, col relevé et guitare électrique en mains pour un spectacle qu’elle qualifie elle-même d’« hybride ». « L’arbre en poche » est un ovni indéfinissable qui tient à la fois d’opéra baroque, d’intermèdes théâtraux et d’envolées musicales electro-pop aux finalités d’agit-prop que l’on pourrait résumer d’une citation extraite du programme distribué au public à l’entrée de la salle: «  J’entends en cette période morose marquée par les attentats, le désastre écologique et la crise du capitalisme, traiter de la question fondamentale que nous pose l’auteur dans son Baron perché: celle de l’émancipation. » sic! Car ce show protéiforme fait explicitement référence à ce livre d’Italo Calvino dont il reprend le titre sous forme d’anagramme… sauf qu’en lieu et place d’un jeune aristocrate qui décide de grimper dans un arbre et de ne plus jamais en descendre, c’est un contre-ténor au sommet d’un échafaudage qui mêle sa voix de castrat aux élucubrations de la chanteuse leader, laquelle est accompagnée d’une bande d’acolytes déjantés: plusieurs comédiens, chanteurs, performeurs, lesquels s’expriment dans divers registres, chapeautés par un maître de cérémonie excentrique engoncé dans d’improbables costumes pour conter la genèse de cette pièce aux multiples facettes. Une histoire située le long du fleuve Oubangui au cœur de la foret congolaise victime de feux de déboisements, où l’on croise deux frères qui ont très peu en commun, fan de Goldorak ou d’origami, et pour accompagnement au choix: concerts de cuillères ou de verres, onomatopées et borborygmes, psaumes en latin farfelu ou mélodies éclectiques heureusement sous-titrées sur un écran… etc avec vapeurs d’encens entêtantes! Heroic fantaisy ou univers désabusé, ambiance new age ou odyssée inachevée, on peut rester étrangement dubitatif, circonspect voire perplexe devant un tel spectacle.                                                                                    Bizarre autant qu’étrange aurait pu s’exclamer Louis Jouvet.

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Un commentaire pour Claire-obscure

  1. Michel Monteil dit :

    Perplexe, c’est bien ça ….

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