O tempora, o mores

Un film entre noirceur et lucidité pour parler de l’air du temps, des difficultés de vivre au quotidien pour les petites gens, ceux qui triment, ne comptent pas leurs heures dans des emplois précaires, qui sont mal payés, exploités par d’autres plus cyniques et sans scrupules, voilà le milieu que dépeint Robert Guédiguian dans son dernier long métrage. « Gloria Mundi » fait référence au prénom de la petite fille qui vient de naître et autour de laquelle se rassemble toute la famille. À la maternité se rejoignent autour de la jeune mère qui ne décroche que de courts remplacements successifs de vendeuse dans des boutiques de prêts à porter, son mari qui exerce comme chauffeur uber au volant d’une voiture de luxe achetée à crédit, la grand-mère laquelle travaille de nuit pour une société de nettoyage, le beau-père qui conduit un bus, sa demi-sœur et son copain qui eux tiennent une boutique où les plus pauvres viennent échanger tout ce qu’ils peuvent contre quelques billets cash… Ne manque que le grand-père biologique lequel finit de purger une longue peine. À sa sortie de prison, pour connaître le bébé, il se rapproche de toute la parentèle… et tous, lentement,de s’apprivoiser peu à peu. Solitude des uns, couples en crise, mal-être existentiel ou en proie à des fins de mois dans le rouge pour d’autres… pas un qui ne soit indemne! C’est dire que le tableau hésite entre univers glauque et réalisme désespérant. Loin du quartier chaleureux de l’Estaque, c’est une ville de Marseille en perpétuelle mutation, modernité glaciale ici, chantiers en devenir là et ruelles à l’abandon ailleurs, que l’on découvre… Dans ce monde, seuls règnent l’égoïsme et le chacun pour soi. Les idéaux de solidarité, de fraternité, de lendemains qui chantent ont disparu… au grand dam de l’ancienne génération qui le regrette et de la nouvelle qui fait avec, s’y habitue et s’en accommode ou pas… Sans surprise, on retrouve bien sûr toute la bande du réalisateur, ses acteurs fétiches depuis toujours tels Jean-Pierre Darroussin, Gerard Meylan ou Ariane Ascaride -primée pour ce rôle à la dernière Mostra de Venise-mais aussi les plus jeunes comme Anaïs Demoustier ou Robinson Stévenin. Tous excellent dans ce mélodrame douloureux, témoin d’une société où les inégalités se creusent toujours plus.                                                                                                                                                          Ce film bouleversant de justesse car terriblement actuel, encore à l’affiche la semaine prochaine, est à voir absolument.

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