Tous pour un, aucun pour tous

Rien de tel qu’un bel enterrement pour retrouver famille, amis ou connaissances… et régler ses comptes ..! voilà comment on pourrait brièvement résumer l’intrigue de « Vernon », pièce écrite par Arch Stenton, pseudonyme d’un auteur ruthénois dont ce n’est pas le premier texte et à qui on doit aussi des adaptations de classiques. Cinq personnages sont ainsi réunis chez l’un d’entre eux avant de se rendre à l’office funèbre. Le premier dirige une concession de voitures de luxe parfaite caricature qui ne jure que « foot, gonzesses et bagnoles », le second se rêve scénariste mais hélas pour lui ne subsiste que comme vendeur de cuisine intégrée, le troisième « ténor du cinéma français…diva… ou génial artiste » se pavane dans un costume ultra chic, le dernier, intrus pour la plupart, s’affaire en cuisine et enfin la seule femme du groupe décrite par tous comme une cougar jamais rassasiée… Et tout ce petit monde d’entamer de banales conversations, lesquelles très vite vont déraper. Vanité des uns, suffisances ou mépris des autres, narcissisme exacerbé ou rancoeurs trop longtemps ravalées et autres non-dits lourds de jalousies, c’est à qui le joue le plus sournois ou le plus pervers… De cette mêlée furieuse personne ne sort indemne et tous font très vite abstraction du défunt. Vernon n’est plus qu’un prétexte à tomber les masques, un fantôme dont l’ombre plane sur tous, où la mesquinerie de chacun se nourrit de la lâcheté des autres… miroir peu reluisant de la complexité de l’être humain… L’écriture alerte et vive qui résonne d’actualité et la mise en scène bien en rythme de Laurent Cornic,-superbe séquence à l’église-, transforme cette histoire somme toute tristement banale en un kaléidoscope où le rire côtoie l’aigreur et où la noirceur se dissout dans l’absurde le plus improbable. La troupe du « Théâtre pour demain et après » qui a progressé se révèle très homogène pour offrir hier dans la salle des Fêtes de Souyri un spectacle ambitieux qui ne manque pas de qualités.                                                                                                                     On pourra revoir cette pièce dans les prochaines semaines à Nuces, Espalion ou Floyrac, des rendez-vous à  ne pas manquer.

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