Gernika Gorgoratuz

C’est une nouveauté disponible à la médiathèque de Rodez, une bande dessinée particulièrement réussie, qui nous plonge à hauteur d’hommes dans une tragédie qui demeure à jamais dans la mémoire de chacun. El Frente Popular, la coalition de gauche, a gagné les élections en 1936 et installé la République en Espagne. Face à elle, n’acceptant pas ce vote démocratique, se retrouvent militaires, aristocratie et hiérarchie de l’église qui soutiennent le coup d’Etat perpétré par les troupes nationalistes menées par Franco, lequel obtient l’appui de l’Italie fasciste de Mussolini et de l’Allemagne nazie d’Hitler. Parmi ces troupes, la sinistre légion Condor et ses bombardiers basés à Burgos, mais aussi des avions italiens à Soria, lesquels vont attaquer simultanément le 26 avril 1937 le petit village basque de Guernika (orthographe locale), ville symbole pour les Basques car c’est là qu’est planté l’arbre, « Le Saint » sous lequel se réunissaient les autorités civiles chargées de négocier la gouvernance de la cité et où se rendaient les rois de Castille lorsqu’ils venaient prêter serment de respecter une réelle autonomie pour la région. Ce crime de guerre entrera dans l’Histoire comme le premier bombardement aérien de civils, trois jours et trois nuits qui feront de ce lieu un enfer. Aujourd’hui encore, on ignore le nombre exact de morts et de blessés, une bourgade détruite aux trois quarts et ravagée par un immense incendie causé par plus de 5 000 bombes incendiaires… De ce drame Pablo Picasso s’en fera l’écho en réalisant à la demande du gouvernement légal pour le pavillon espagnol de l’Exposition Universelle de Paris une immense toile qui en sera à jamais la mémoire allégorique. C’est cette double histoire que nous conte Bruno Loth, illustrée par son fils Corentin, avec son album « Guernica » paru ce printemps aux éditions La Boite à Bulles. Un récit efficace qui mêle la douleur des hommes à l’inspiration d’un génie, lequel enrage de voir son pays ainsi dévasté… En épilogue, on redécouvre une reproduction de ce célébrissime tableau et en parallèle le témoignage émouvant d’un des rares survivants de ces journées de terreur. Ce livre d’une grande sensibilité se révèle un modèle d’intelligence pour mettre en perspective un chef d’oeuvre vibrant de chair, de sang et de cœur.                  À lire absolument.

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