Cage dorée

De l’histoire locale, il y eut Fualdès,

Place à l’international dans une version express

Proche de l’original, du genre grande messe

D’un drame pas banal… Au centre son Altesse!

 

Le petit roi de Rome, retenu en Autriche,

Juste un petit bonhomme, soudain tête d’affiche,

Aidé d’un majordome, pas vraiment très fortiche,

Erre tel un fantôme, dans un palais en friche.

 

Fils de Napoléon, tous l’ont abandonné!

C’est la vie de « L’Aiglon », de ses subordonnés,

Et de quelques félons plus ou moins galonnés,

Genre caméléon, doit-on leur pardonner?

 

De Reichstadt il est duc, pour lui c’est une erreur,

Titre bientôt caduc, qui lui donne des aigreurs…

Vienne, son décor en stuc, pour lui c’est une horreur,

Ce s’ra jamais son truc,  il se rêve empereur!

 

Les campagnes de son père, Austerlitz ou Arcole…

Restées dans la lumière, sont autant de symboles,

Devenus éphémères… Il fut à bonne école.

Alors il vitupère, et rien ne le console!

 

Quelques soldat de bois… Voilà sa Grande Armée!

Des fidèles… même pas trois, y a de quoi déprimer,

Des comploteurs sournois, bande bien mal famée,

Il nage dans l’désarroi, tant il est mal-aimé.

 

Pour tous Edmond Rostand, c’est d’abord Cyrano,

Lequel en capitan, plus q’jamais parano,

Sur scène chuchotant, s’le joue belissimo,

Déboule gigotant en quête de bravos.

 

Aussitôt r’mis en place, par l’écrivain lui-même,

Il fait vite volte-face, le visage tout blême,

Une sorte de préface, une forme de baptême,

À peine une grimace… juste le mépris suprême!

 

Débute alors ce drame, tout en alexandrins,

Où l’on danse et déclame, ses amours, ses chagrins,

Avec pudeur ou flamme, toujours d’un air serein,

Admirable programme, dans un superbe écrin.

 

La Chapelle Royale, sublimée de mapping,

Devient place idéale, cour princière ou dancing,

In fine impériale… supprimé le parking!

Et scène ancestrale, magnifiant le casting.

 

Comédiens amateurs, voilà Rutènes en scène,

Du théâtre d’auteur, ils sont une trentaine,

Qu’ils offrent aux spectateurs, jusqu’à la fin de semaine,

Dans le rôle moteur, Éléonore Echène.

 

Christophe Ribeyre, par son adaptation,

A su rendre légère, cette jolie création.

Un pari, une chimère, une belle description,

Qui, grâce aux costumières, suscite l’admiration.

 

Superbes effets visuels, et bande son soignée,

Pour rendre universel, ce destin tourmenté…

Ce texte inhabituel, ses héros bien trempés,

N’en sont que plus actuels, véritable épopée…

 

Ce spectacle historique est une oeuvre chorale,

Avec issue tragique en décor minimal.

Ce texte atypique en version vespérale

Devient pédagogique et spectacle total.

 

 

 

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