Tir au pigeon

Un solo d’humour en occitan accessible dans le cadre de l’Estivada, il n’y en a eu que très peu depuis la création de ce festival originellement orienté musique, c’était donc à un moment inhabituel que le public était convié hier en début d’âpres-midi à la M.J.C. de Rodez. Devant une salle correctement remplie il déboule avec retard, galurin à l’ancienne sur la tête, chemise étonnamment bariolée, et gros baluchon sur l’épaule… seul élément de décor un énorme globe terrestre gonflable. Cet ancien conseiller pédagogique occitan venu du département voisin de Lozère, a changé de cap à l’heure de la retraite, et sous couvert d’un pseudo transparent, Clamenç, s’astreint depuis à écrire et mettre en scène sur un rythme régulier un spectacle par an pour, à sa manière, revisiter l’actualité . « Zo… Mai!  » ( alors… encore! ) dernier en date ne déroge pas à la règle, dérouler une série de sketchs, dans tous les domaines pour parler de l’air du temps… De son grand sac, il sort foulards et autres accessoires avec lesquels il se glisse dans la peau de divers personnages. On a ainsi droit à des tirades sur les végans forcément bobos en transe, l’incompréhension entre les habitants d’un petit village et les touristes venus de la ville qui ne supportent ni les coqs ni les cloches… On y parle aussi coupe du monde de foot ou politique avec une place conséquente consacrée à notre Président jupitérien, de Donald hélas pas celui de Disney, de Roland-Garros, des ronds-points rebaptisés « vire-couillons », de la nostalgie de 68 ou des migrants qui se noient en Méditerranée au grand déplaisir des vacanciers alanguis sur les plages, des abus dans l’Église…etc.. etc… Un large répertoire donc qui ne manque ni de répartie ni d’impertinence pour fustiger l’hypocrisie ici, la condescendance là… sa façon très personnelle d’appuyer là où ça fait mal, loin du consensus policé. On appréciera à sa juste valeur les digressions très justes sur le glissement sémantique du vocabulaire dans les médias notamment pour traiter des sujets à haut risque, ce qu’Albert Camus résumait d’un formule bien sentie « Mal nommer les choses c’est ajouter aux malheurs du monde ». Dire que les séquences qui s’enchaînent sur un bon tempo sont toutes réussies serait mentir, il y en a de vraiment percutantes d’autres moins abouties… Rien de plus normal pour un show d’une heure et quart environ.

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