Al Dante

Nous sommes au tout début du XIVème siècle, et Dante Alighieri ne parvient pas à surmonter le chagrin immense de la mort de celle qu’il a aimée, Béatrice, son inspiratrice, sa muse… En sa mémoire, il donnera son nom à l’héroïne de son oeuvre principale reconnue ultérieurement comme un des chefs d’oeuvre de la littérature mondiale. « La divine comédie », ouvrage majeur de la période du moyen-âge, écrit en tercets hendécasyllabiques, (11 syllabes seulement en opposition avec l’alexandrin), en toscan florentin, dont l’écho fut tel que progressivement cela s’imposera comme la langue italienne de tout le pays! Trois cantiques de trente trois chants chacun voire plus avec des préambules… une trilogie: « Les cercles de l’enfer, La montagne du purgatoire et Les sphères du paradis »… autant dire baignée de liturgie et de sacré. La compagnie La Camera Delle Lacrime proposait hier en début d’après-midi à la MJC de Rodez dans le cadre de l’Estivada le second volet: tout débute le 10 avril 1300, jour de Pâques, fête extrêmement symbolique dans la religion chrétienne… Sur scène un comédien dans le rôle du récitant tout de lyrisme et de prestance pour en français dérouler le fil de l’histoire, un chanteur d’opéra Bruno Bonhoure originaire de Mur-de-Barrez qui ajoute à son talent vocal des performances chorégraphiques, et trois musiciens, à la harpe aux flûtes et à la vielle à archet, voilà pour le tableau. Entre chants de troubadours, psaumes enflammés, mélopées sensuelles et envolées plus incantatoires, on s’immerge dans une oeuvre aussi envoûtante que crépusculaire. Entre passions mystiques ou réflexions plus païennes, majoritairement en italien avec des digressions en latin bien sûr mais aussi avec quelques passages en anglais, c’est à une plongée en apnée que l’on est convié… un récit qui mêle aux élans du cœur la spiritualité et ses rites, le mystère au sens médiéval du terme avec tout ce que cela suppose de surnaturel ou d’inexplicable pour nourrir l’imaginaire… où les bienheureux rêvent de rejoindre les anges, où le ciel forcément étoilé est synonyme de nirvana préservé si difficile à atteindre etc … De la présence, des voix qui s’accordent très bien, se complètent ou se défient, tout concourt pour proposer ce spectacle qui a vraiment fière allure… Les amateurs du genre iront découvrir à Sylvanés le 27 juillet prochain la troisième partie, l’étape ultime.

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