Harpe diem

Après plus de 50 ans de tours de chants, de fest-noz, à diriger ici un orchestre symphonique, là un bagad, de séduire des foules immenses au Festival Interceltique de Lorient ou à la Fête de l’Humanité, de participer à des concerts un peu partout dans le monde, et d’enregistrer des albums par dizaines, hier soir, il était tête d’affiche sur la grande scène de l’Estivada pour ouvrir sa 24ème édition. Une introduction en occitan par l’adjointe à la culture de la Mairie de Rodez puis, sagement, les enfants des écoles bilingues Cambon/Monteil, de la calendreta et du Conservatoire départemental de musique ont pris place pour interpréter en son honneur un de ses plus grands succès « Tri Martolod », fredonné par la foule. Ensuite Alan Stivell et son orchestre de 5 musiciens, dont certains vêtus du kilt traditionnel, prennent place… C’est parti pour un récital d’une heure et demie qui se conclura par la même mélodie chantée cette fois par son auteur. Un spectacle qui mêle reprises dans le plus pur style revival celte, avec force clins d’œil à l’Irlande « la Bretagne exagérée » sic, poèmes écrits par des enfants des écoles diwan, mais aussi des rythmiques délibérément beaucoup plus rock… Où la bombarde suave se mêle aux riffs de guitare et les envolées de la batterie font écho à la douceur de la harpe ou aux variations des diverses flûtes… Une prestation certes bien rodée mais qui ne décolle guère. Les souvenirs tout de nostalgie laissent place peu à peu à un certain spleen… Un peu comme pour la dernière prestation de Nadau il y a quelques années dans ce même cadre… On voudrait y croire, s’enthousiasmer à nouveau, retrouver la même vivacité, la même énergie, tout ce qui a bercé tant de générations séduites par cet univers remis en lumière, par ces sonorités trop longtemps mal aimées… un âge d’or du folk que l’on sent hélas en train de progressivement s’évanouir. Bien sûr, tel un menhir au milieu de la lande, imperturbable, il poursuit son chemin à la manière de William Wallace dans Braveheart… toujours aller de l’avant, et incarner à jamais pour la world music, sa version Bretagne éternelle en barde insubmersible.

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