T’as de beaux œufs, tu sais

Sa poule au superbe plumage blanc baptisée Roxane ne le quitte jamais. Elle est toujours à ses côtés, qu’il travaille dans sa ferme, qu’il se déplace dans sa voiture où elle bénéficie d’un perchoir approprié, et même au café où le soir il retrouve les copains. Lui c’est un petit producteur d’œufs bio qui élève ses poules pondeuses en plein air et auxquelles il offre une touche de douce folie. Pour les remercier, chaque matin, il leur lit quelques tirades de Cyrano de Bergerac, un livre qui ne le quitte jamais: un doux rêveur donc, persuadé que des animaux heureux et en bonne santé sont indispensables pour fournir de la qualité. Sauf que la coopérative refuse de payer un prix plus juste, que la concurrence industrielle fait rage et in fine que son exploitation est en sursis. Sa seule arme pour éviter la faillite qui pointe « faire le buzz » sur le net, et faire parler de lui pour s’en sortir. D’où une idée aussi farfelue que géniale: se mettre en scène avec ses volailles et jouer de grands textes classiques aussitôt relayés par les réseaux sociaux… Une idée qui va fédérer tout son petit village breton, clin d’œil à Astérix face à l’envahisseur, et transformer son combat personnel en cause collective pour une agriculture responsable avec le soutien des consommateurs… C’est dire que ce premier film de Mélanie Auffret s’avère une comédie sociale finement observée où l’humour et la tendresse affleurent et offre du monde rural qui innove une image positive. Guillaume de Tonquédec dans le rôle principal du gentleman farmer devenu par nécessité acteur est irrésistible, poignant autant que frappadingue, déterminé autant que révolté. Idem pour Léa Drucker en employée du Crédit Agricole toute d’empathie pour la détresse des paysans et qui se bat pour défendre leurs dossiers auprès de sa hiérarchie… Un film rafraîchissant et tout de malice pour traiter d’un vrai sujet de société, voilà qui détonne surtout quand il pose pour axiome qu’une autre agriculture est possible, moins intensive et respectueuse de l’environnement et… qui plus est, qui rime avec culture. Un excellent moment.                     Il faut profiter de la Fête du cinéma jusqu’à demain inclus avec toutes les séances à 4 euros.

C’est encore Rostand que l’on célèbre ici,

Hier une troupe locale pour nous jouer Edmond,

Puis une version chorale, à l’Estivada, l’Aiglon,

Un auteur fascinant, à qui l’on dit merci!

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