Et en même temps …

Si la Fête de la Musique va bientôt célébrer son 40ème anniversaire, il faudra attendre 2007 pour que l’Opéra soit mis à l’honneur pour inciter: « le public le plus large à franchir les portes des maisons lyriques », un événement qui prend chaque année de plus en plus d’ampleur… et parviendra, in fine, jusqu’à Rodez où cette année le Conservatoire local s’est résolument inscrit dans cette démarche. Plusieurs moments ont rythmé toute la journée d’hier. D’abord, un premier rendez-vous en fin d’après-midi avec les adolescents de l’atelier voix, lesquels ont revisité « Bastien, Bastienne » de Mozart, transposant l’intrigue originale, où, en lieu et place des amours tumultueuses du berger et sa bergère, c’est dans la cour d’un collège de nos jours que se retrouvent les protagonistes, lesquels « se kiffent grave » sic. Aussi rafraîchissant que fantaisiste, où chaque jeune donne le meilleur avec énergie et conviction. Ça minaude autant que ça dépote tant le contexte et le vocabulaire sont aux antipodes: ce mix inattendu donne à ces envolées juvéniles toutes de candeur ce décalage délicieux qui fait tout son charme. En soirée l’ « Hommage à Offenbach et Aznavour » était de la même veine, totalement anachronique et voyait se mêler des extraits d’une opérette musicalement aussi sautillante que virevoltante aux chansons de cet artiste mondialement reconnu récemment disparu. D’une part donc, des textes de « Pomme d’api » totalement désuets et farfelus, pour ne pas dire davantage, d’un comique suranné heureusement révolu, pour parler cuisine, grill et côtelettes, voire égrener avec gourmandise le nombre de ses amants!!! De l’autre, a contrario, des paroles autrement plus nuancées et subtiles pour parler de sujets douloureux comme l’homosexuel rejeté « Comme ils disent » ou de la difficulté des artistes de vivre de leur passion « La Bohème »… quand la nostalgie fait écho à la douceur de vivre, des mélodies intemporelles que chacun fredonne en son for intérieur…. jusqu’au final « Emmenez-moi », dont les initiales sont, volontairement ou non, en abîme avec l’époque actuelle… et dont le refrain sera repris à pleins poumons par toute la salle en cette veille de vacances, faisant sans nul doute l’unanimité. Où comment juxtaposer deux personnages qui n’ont absolument rien en commun, et réussir néanmoins à en faire un spectacle haut en couleurs, aussi insolite que pétillant sous la direction et dans une mise en scène de Sophie-Caroline Schatz accompagnée de David Ermoin au piano.

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