L’argent des autres

Un italien sans le sou, comme tant d’autres, débarqué à Boston en 1903, et acclamé 17 ans plus tard par la foule, laquelle en liesse le verrait bien gouverneur de l’Etat pour le moins voire à la Maison Blanche. Il faut dire qu’il est devenu extrêmement populaire et immensément riche, proposant à ses souscripteurs des taux d’intérêt défiant toute concurrence et même l’entendement… et qu’il s’est aussi, accessoirement, mis dans la poche la police locale. Tout irait pour le mieux pour lui dans le meilleur des mondes, le rêve américain version XXL… Seuls les journalistes du Boston Globe commencent à s’intéresser à ce nouvel arrivant auquel tout semble sourire et commencent à enquêter sur ce mystérieux Carlo Ponzi, rebaptisé Charles, lequel est passé à la postérité garce à un ingénieux système d’escroquerie qu’il avait mis sur pied: le principe de la pyramide, une arnaque simplissime dite de cavalerie où l’on paye des intérêts faramineux aux premiers investisseurs avec l’argent des suivants… un système dont il n’était pas l’inventeur mais auquel il avait su donner une dimension hors norme… qu’il résumait ainsi: « Mon affaire était simple: voler Pierre pour payer Paul »… ou encore avec une bonne dose de cynisme « J’ai frappé les Américains là où ça fait mal: dans le porte-monnaie ». De procès fédéral en Cour suprême, il ne fera quelques années de prison avant d’être expulsé vers son pays d’origine où tout auréolé de sa gloire il réussira même à se faire embaucher dans le gouvernement de Mussolini… qu’il extorquera aussi évidemment avant de mourir totalement ruiné au Brésil où il s’était réfugié… Cette histoire incroyable est la trame de la bande dessinée « La pyramide de Ponzi » signée Xavier Bétaucourt pour le scénario et Nathalie Ferlut pour les dessins et la couleur, parue aux Editions Delcourt /Mirages. Un  récit haletant et bien construit qui suit pas à pas l’ascension fulgurante et la chute toute aussi vertigineuse de l’archétype de la crapule de haut vol, col blanc et fière allure dont le dernier disciple en date fut Bernard Madoff, lequel présida rien de moins que le Nasdaq entre 1990 et 1993, fut condamné le 29 juin 2009 à 150 ans de prison, peine qu’il purge actuellement à Atlanta dans le même établissement,-ça ne s’invente pas-, que son illustre et lointain prédécesseur!!! En complément de cette biographie spectaculaire l’auteur propose une documentation incroyable sur quelques affaires semblables, lesquelles ont laissé exsangues de nombreuses victimes voire un pays tout entier comme l’Albanie post-communiste!!! Le monde de la finance vu côté malversations en tous genres…                                                                                                              Vous ne regarderez plus jamais votre banquier ni ne suivrez les variations des cours de la Bourse du même œil.  Édifiant!

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