Patrimoine

Un concert gratuit avec plusieurs invités, proposé par le label solidaire Sirventés, une scop artistique résolument engagée dans la promotion de la culture occitane sous toutes ses formes, participant ainsi à son développement et son rayonnement auprès du public, en partenariat avec le Club, lequel  s’inscrit lui aussi peu ou prou dans ce type de démarche, cela se déroulait donc hier soir dans cette petite salle intimiste.  Tout d’abord seul sur scène, Laurent Cavalié, genre troubadour des temps modernes qui s’accompagne alternativement d’une bombe, sorte de grosse caisse, ou d’un accordéon pour nous embarquer dans son univers qui mêle poésie, lyrisme et traditions. Un récital où des témoignages sonores recueillis auprès des anciens de sa région de Narbonne côtoient des mélodies qui font la part belle tantôt à la réalité sociale locale, ses racines, par exemple la chanson sur le mineur au pays de Jaurès, à la nostalgie -l’atmosphère des cafés de village à l’ancienne- mais aussi à l’ imaginaire comme le dialogue avec l’olivier séculaire… Des moments de douce sérénité teintée de révolte légitime quand crier sa colère s’impose face à la main mise de promoteurs cupides détruisant l’environnement, et son contact très chaleureux avec le public, autant de points forts qui dévoilent une personnalité très attachante…

Puis place à la Mal Coiffée, groupe qui fête cette année ses 15 ans d’existence, ces polyphonies vocales féminines qu’il est inutile de présenter à Rodez vu qu’elles s’y produisent régulièrement que ce soit à l’Estivada ou dans d’autres salles du département. Première remarque, comme les grands crus du Minervois d’où elles sont originaires, plus le temps passe, plus elles étoffent leur répertoire, et plus l’alchimie délicate entre leurs voix très complémentaires et les percussions subtiles dont elles s’accompagnent, fait des merveilles. Pendant près de deux heures, elles ont montré toute l’étendue de leur talent, ouvrant leur tour de chants par une reprise impeccable d’un de leurs premiers titres mais surtout de nombreuses chansons issues de leur dernier album « E los Leons… » nourri de textes de Jean-Marie Petit, figure tutélaire de la littérature en Occitanie, entre récit épique et variations plus fantasques. On retrouve la même énergie contagieuse, la même détermination, entre psalmodies presque tribales et incantations païennes pour célébrer le travail de la terre, défendre l’émancipation de tous et la douceur de vivre… Une complicité toute de malice entre ces quatre jeunes femmes où l’espièglerie gourmande fait écho à l’ambiance joyeuse et irradie de plaisir les spectateurs conquis.          Une soirée absolument délicieuse.

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