De Rien et de TouT

Vous ne connaissez rien de « la physique quantique, de la Moldavie intérieure », en particulier, guère davantage concernant « Freud ou Simone de Beauvoir », hormis les lointains souvenirs qui vous restent du lycée, par contre vous lisez régulièrement les magazines féminins, ou peut-être simplement ceux abandonnés dans les salles d’attente des cabinets médicaux, friand que vous êtes de recettes miracles pour vous métamorphoser en reine de la séduction ou perdre du poids ( les vacances arrivent, il faut sortir le maillot de bain enfoui au fond du placard)… Vous ne jurez que régime minceur et Cosmopolitan vous tient lieu de livre de chevet, pas d’inquiétude, vous n’êtes pas seul/e… Vous ressemblez comme deux gouttes d’eau aux personnages de la pièce de Stéphane Titéca « Rtt » laquelle était présentée samedi en fin d’après-midi à La Baleine dans le cadre du Festival de Théâtre amateur d’Onet le Château… Pour un week-end prolongé, cinq « copines » de différentes générations se retrouvent sur la Cote d’Azur, ( la Bretagne ça le ferait pas), un temps pour et entre elles, du genre enterrement de vie de jeune fille d’avant les noces, en à peine moins trash pour papoter à satiété, hors cadre familial habituel des choses de leurs vies, petits secrets inavouables ou frustrations mal dissimulées etc… Bien évidemment, au centre de leurs discussions, pour ne pas dire sujet quasi exclusif, les hommes, et en particulier leurs maris, leurs amants d’un soir ou plus si affinités, le père de leurs enfants… sur lesquels elles sont intarissables… Un texte jamais avare de clichés puisque à l’échantillon de bimbo évaporée, dépressive boulimique, cougar déclinante, nunuche naïve et diane chasseresse font écho bellâtre bronzé, nabab parvenu, dragueur estampillé et autre stéréotype de sexe mâle en goguette… autant dire un répertoire non exhaustif mais si caricatural qu’il en devient involontairement comique… On cause cellulite et épilation, cosmétique et adultère, insatisfaction conjugale ou performance sexuelle… Quel dommage pour les cinq comédiennes de la Compagnie du Strapontin dans une mise en scène très alerte et dynamique de Séverine Campagna, elles qui rivalisent d’énergie, de gouaille et de malice sont desservies par ces dialogues trop souvent convenus, lesquels hésitent entre brèves de comptoirs et répliques dignes de l’almanach Vermot! De ces confidences intimes émergent heureusement, ici ou là, d’autres réflexions beaucoup mieux senties. Cette fantaisie revendiquée comme « branchouille » se voudrait témoin de l’air du temps, c’est au mieux un simple divertissement, une heure et demie volée à la grisaille ambiante…                                                                                                   Le prix du public attribué à ce spectacle n’en est que plus surprenant!

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