Big Mc

« L’empire de la perfection » est le titre du documentaire que projetait hier soir la médiathèque de Rodez dans la petite salle devant une maigre assistance. Ce film de Julien Farraut est sorti confidentiellement au cinéma l’année dernière, mais pas dans notre département, et c’était donc l’occasion de le voir dans de bonnes conditions, qui plus est, comme à chaque fois, toujours gratuitement. Ce film entièrement centré sur un héros unique, pratiquement présent dans tous les plans est consacré à John McEnroe himself alors au sommet de sa gloire en 1984. Cette année-là, il obtiendra le meilleur ratio 82 victoires pour 3 défaites sur une saison soit 96,47%, record qui, à ce jour, tient toujours. Ce long métrage suit au plus prés un personnage beaucoup plus complexe que la caricature trop longtemps colportée… Râleur certes, prompt à s’enflammer contre l’arbitrage, il n’ y avait pas alors les preuves irréfutables du hawk eye, mais aussi et surtout soucieux du geste juste, de la précision de son placement sur le court etc… in fine perfectionniste… Condensé d’images hétéroclites, (rappel des règles élémentaires de ce sport: niveau tennis pour les nuls, rushs d’images d’archives de télévision, et force schémas en tous genres pour décrypter sa gestuelle et toute la panoplie de ses coups), ce reportage version différée est aussi l’occasion de revoir certaines anciennes gloires comme Jimmy Connors et autres ou des images du gotha filmé avec complaisance dans les travées du stade. Un champion hors pair et inimitable, capable du meilleur comme du plus approximatif, tel nous apparaît-il, particulièrement représentatif d’une époque révolue avec raquettes à l’ancienne, bandeau-éponge autour de son front très tôt dégarni, chevelure encore bouclée etc… une époque où il n’était pas question seulement de puissance ou de services dévastateurs pour triompher sur les courts. Son style tout de fluidité et d’élégance, entre fantasque et imprévisible, ne lui ont hélas pas permis de gagner Roland- Garros, le French, un tournoi dont il parle toujours amertume et nostalgie. Ce sont d’ailleurs les images de sa finale perdue en 5 sets très disputés contre Ivan Lendl qui terminent ce documentaire. Un film d’actualité certes puisqu’à quelques jours seulement du rendez-vous annuel des Internationaux de France mais loin d’être convaincant, plus patchwork inachevé de fin d’études audio-visuelles qu’autre chose. Les meilleurs moments sont le témoignage de sa mère quant aux ambitions de son fils ou la citation de Jean-Luc Godard toute d’ironie qui s’inscrit dès les premiers instants: « le cinéma ment, pas le sport… »          À méditer.

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