Entre-soi

En clôture de la saison 2018/2019, la M.J.C.  de Rodez proposait un spectacle de danse « Let’s folk » par la chorégraphe Marion Muzac, déjà venue se produire dans cette même salle il y a quelques années. Une création pour tout dire aussi énigmatique pour certains qu’elle peut paraître envoûtante pour d’autres, avec musique live en direct pour accompagner quatre danseurs dont elle-même dans leurs évolutions. Deux musiciens, guitares acoustiques, rythme au tambour de temps à autre, susurrent de leurs voix feutrées des airs tout en douceur planante, version peace and love empreinte de nostalgie, où les mélodies évoquent autant les psalmodies incantatoires que les souvenirs d’une époque révolue où chacun y puise ce qu’il y cherche… Sur scène magnifiquement dessiné un décor à tendance psychédélique tout en arabesques de figures circulaires, où errent, hésitent, se croisent, se fuient,-c’est selon-, les quatre artistes, entre poses lascives, intermèdes joyeux ou éruptions en cascade de gestuelles répétitives souvent, quasi mécaniques proches du point de rupture, mouvements surprenants, et déambulations plus aléatoires… Après une ouverture que d’aucuns ne manqueront pas de qualifier de mystérieuse, de longues minutes entre percussions corporelles, variations sur le souffle plus ou moins étouffé, intensité vocale etc… peu à peu les intervenants entrent tout à tour en action sur un registre résolument moderne et inclassable entre cérémonial ascétique et transe en apesanteur, qui s’accélère crescendo… Suivra une deuxième partie avec intégration de sept spectateurs, de tous âges dont le directeur du théâtre lui-même, pour reprendre ces mêmes mouvements avec juste la petite touche qui décale et remet tout dans une autre perspective… Prolongement, détournement, renouvellement, dépassement personnel… comme autant de déclinaisons possibles d’une trame immuable…                  Certes loin d’être aussi convaincante que sa précédente création, cette performance chorégraphique d’une heure peut laisser songeur et dubitatif, elle a néanmoins le mérite de désacraliser cette discipline qu’est la danse, d’en dépoussiérer l’image et la représentation que l’on s’en fait.

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