Diàrio de uma favelada

Le destin incroyable d’une auteure brésilienne qui connut la misère et l’exclusion, élevant seule ses trois enfants dans la favela de Canindé, dans la banlieue de Sao Paulo, où elle construisit elle-même sa cabane avec des matériaux de récupération. Une masure misérable d’où chaque matin elle partait ramasser tout ce quelle pouvait trouver de déchets recyclables (papier, ferraille, boîtes de conserve etc…) pour ensuite obtenir quelques pièces en échange, de quoi nourrir ou pas, au jour le jour, sa famille, laquelle vivait dans le dénuement le plus complet. Tout cela elle le consignera scrupuleusement dans un journal intime, noircissant des pages et des pages écrites au crayon et au stylo d’une vingtaine de cahiers pour raconter son quotidien… En 1958, un jeune journaliste Audàlio Dantas se rend dans la favela pour son journal Folha Da Noite et, par le plus grand des hasards, la rencontre durant son reportage. Elle lui montre ses textes, poèmes, nouvelles, proverbes, romans qui témoignent de sa vie et de celle de son entourage. Séduit et enthousiaste, il écrit le 9 mai un premier article dans son journal reprenant des extraits des écrits signés Carolina Maria De Jesus sur « la description brute du monde sordide dans lequel elle vit « . Un reportage qui changera à jamais le destin de cette femme à la personnalité bien trempée et lui vaudra d’être enfin éditée. Son premier livre « Quarto de despejo » récit de sa vie dans la favela étalée sur plusieurs années, se vendra à plus de cent mille exemplaires… et paraîtra en français chez Stock en 1962 sous le titre « Le dépotoir »… Un incroyable succès de librairie pour un ouvrage d’une citoyenne noire sous la dictature militaire de l’époque qui fera d’elle une célébrité nationale et internationale… Gloire éphémère qui ne dura que 5 ans, mais lui permit d’emménager enfin dans sa propre maison en dur où, retombée dans l’oubli, elle mourra en 1977, laissant derrière elle de nombreux textes non publiés: pièces de théâtre, chansons, fables, chroniques, etc… Elle qui a surmonté les obstacles et le préjugés liés à ses origines sociales et à sa couleur de peau dont elle était très fière a donné ses lettres de noblesse à la littérature noire au Brésil « une écriture de chiffonnier » pour dénoncer les injustices… au plus près des pauvres et des laissés pour compte qui n’acceptent plus de se taire. La bande dessinée « Carolina » parue aux Éditions Presque Lune signée Sirlene Barbosa pour la documentation et Joao Pinheiro pour le scénario et le graphisme est un modèle du genre: style épuré, noir et blanc crépusculaire, mise en page soignée, rythmé comme une épopée… tout pour mettre à l’honneur une personnalité hors du commun.                                Une nouveauté de la médiathèque de Rodez à découvrir au plus vite.

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