Brûler les planches

C’est l’histoire d’un jeune qui se prend à rêver de devenir comédien pour un jour tutoyer les sommets tels qu’ils les idéalise, Hollywood et Césars inclus. « Ma vie d’artiste ? » c’est donc, rapidement résumé, rien moins que ce parcours chimérique, depuis ses premiers pas plus qu’hésitants lors d’une « première audition lamentable » sic, jusqu’à cette cérémonie annuelle conventionnelle, supposée être le sésame incontournable. C’est d’ailleurs un des meilleurs moments de ce seul-en-scène que la parodie caricaturale en version cynique désabusée où l’hypocrisie de ce microcosme éclate au grand jour, tout de flagorneries et de jalousies recuites… De castings improbables pour un rôle dans la tragédie Britannicus jusqu’à des apparitions minimales dans des pubs sans intérêt en passant par des doublages insignifiants de dessin animé, du stand-up dans des cabarets parisiens à des interviews dérisoires dans des revues inconnues, puis enfin un peu d’espoir avec quelques premiers contrats plus consistants, des photos vendues en exclusivité pour un mariage qui ira à va-l’eau jusqu’aux ragots colportés du show bizz au sein duquel on désespère d’appartenir un jour… c’est un catalogue presque exhaustif, que l’on nous invite à feuilleter au rythme de courtes saynètes, de changements de costumes pour bien souligner la progression notamment, avec en prime l’image de l’agent escroc au possible. Très réussi le décor, aussi sobre que multifonctionnel tour à tour penderie, table de restaurant, estrade etc… excellente la messagerie du répondeur, qui d’atone déborde ensuite d’enthousiasme en passant par mielleuse, faussement décontractée ou simplement fonctionnelle, de quoi mettre Fabien Austruy dans de bonnes conditions, lui qui fait ici, dans le cadre confortable de la Chapelle Saint-Joseph, ses premiers pas dans ce registre très exigeant. Sauf que les propos qu’il défend avec de l’énergie à revendre ou beaucoup de présence physique naviguent par trop entre banalités, clichés et lieux communs… Le sujet est sans doute à explorer, montrer le quotidien de l’acteur débutant qui galère du statut très précaire d’intermittent du spectacle à celui de star, ou souhaite plus simplement pouvoir vivre de sa passion, nul doute que le chemin est long, difficile, probablement aléatoire et hasardeux avec peut-être aussi une part de chance qu’il faut savoir saisir… Le final en forme de clin d’œil tout de malice ouvre d’autres perspectives… On ne demande qu’à y croire.                                                                                                                                        Plusieurs autres représentations de ce one man show sont prévues jusqu’à l’automne.

Publicités
Cet article, publié dans Divers, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s