Wally, vini, vici

On connaissait Wally, la bonhomie bienveillante, l’humour iconoclaste, prompt à la repartie qui fait mouche, qui se joue de notre vocabulaire avec délectation, multipliant calembours et autres aphorismes aussi farfelus que décalés. Hier soir à La Baleine, devant une salle archi-comble on a pu découvrir une autre facette du personnage, bien cachée derrière ses jeux de mots, celle qui relève du registre de l’intime. « Le Projet Derli de Wally » c’est totalement différent. Tout d’abord, contrairement a ses habitudes, il n’est plus seul sur scène. Autour de lui se trouvent cinq musiciens qui enveloppent de douce complicité ses « chansons longues » aux textes ciselés, où l’espièglerie de l’expression fait écho à l’élégance de la versification. Les arrangements particulièrement harmonieux, la virtuosité incontestable de chaque instrumentiste, ajoutent la petite touche supplémentaire toute de délicatesse qui complète si agréablement la poésie aussi sincère que nostalgique de ses paroles. Entre souvenirs tout de légèreté, confidences chuchotées ou inavouables, c’est à petits pas feutrés que l’on se glisse au creux de son âme. Où l’auto-dérision frise de malice, l’urgence de l’indignation embrase l’écorché vif, où la sincérité évidente s’exprime avec justesse pour dire la nécessité de l’engagement, où les rapports entre les êtres sont d’abord chaleur humaine, générosité, respect mutuel ou sentiments partagés. On n’oubliera pas ni son hommage à Rémi Fraysse tué pour avoir défendu pacifiquement son amour de la nature, ni le clin d’œil à « sa mémé, sa mamie », ni sa définition du bonheur vibrante et charnelle, son portrait de l’adolescence aujourd’hui ou de la vie actuelle à la campagne délaissée par les pouvoirs publics…En prime il y a aussi des envolées de musique qui lorgnent vers le klezmer, la fanfare en folie ou des accents tziganes aussi joyeux qu’émouvants. Un concert vraiment magnifique où Nietzsche tutoie Stéphane Hessel, c’est vraiment classe, qu’on pourrait résumer  ainsi:

                                 Wally, c’était sympa, Derli c’est la tendresse,                                                                                     Fi du vedettariat, d’la télé ou d’la presse,                                                                                            C’est le monde ici bas, auquel il s’intéresse,                                                                                        À la vie comme elle va, qu’il couvre de caresses!

 

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2 commentaires pour Wally, vini, vici

  1. Lombard anne dit :

    Très beau texte
    Tu pourais ecrire pour Wally
    Bravo les artistes de la plume de humour du chant….

  2. Lilian Derruau dit :

    Bonjour,
    Un grand merci pour ce beau papier qui dit du bien certes, mais qui est aussi ma foi très bien troussé ! J’ai l’impression que ce n’est pas moi dont tu parles…
    Bien amicalement
    Wally

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