C’est cela, oui…

Qui ne connaît les nombreuses répliques devenues cultes qui émaillent « Le Père Noël est une ordure ». Depuis sa création au théâtre par la troupe du Splendid, il y a déjà 40 ans, et surtout son adaptation au cinéma trois ans plus tard par Jean-Marie Poiré, laquelle ne cesse d’être multi-diffusée, chaque année ou presque à la télévision, c’est carton d’audience assuré. C’est dire si pour monter un tel « classique » truculent, iconoclaste, pour tout dire joyeusement sans limite, il faut vraiment y croire en gardant en mémoire un écueil potentiel: surtout ne pas vouloir copier l’original, car ce serait vain et de peu d’intérêt, au contraire, dynamiter l’intrigue le plus possible en y ajoutant sa touche personnelle. Quitte à faire grincer des dents, en accentuer le coté  rebelle et foutraque… en se souvenant aussi qu’à l’époque de la sortie en salle, la RATP refusa de louer des panneaux publicitaires au distributeur en raison du titre jugé trop provocant du film, et que certains exploitants se crurent autorisés à ‘y ajouter des avertissements tout de miel et de sucre pour en atténuer le côté subversif. On croit rêver! Lorsque la troupe La Zoubadour Compagnie de Toulouse monte sur scène, qui plus est en clôture de la dernière édition de ThéatraVallon, le défi à relever est donc immense… Le décor est a minima, juste deux guirlandes de circonstances pour mettre le ton dans la salle de permanence de SOS Amitié, le mobilier est basique, et, en dehors du plateau, pour donner un peu plus d’ampleur, se trouvent une cabine téléphonique et surtout la cage d’ascenseur indispensable. Les costumes sont raccords avec l’ambiance, ringards à souhait, fripes de récup pour Zézette, costume adéquat pour Felix, et pour les autres de mauvais gout assumé. Soyons franc, on se s’ennuie pas pendant toute la représentation, car les comédiens sont très complices et rivalisent de bonne humeur, et, d’autant plus que c’était la dernière… Si on est étonné par l’accent belge à couper au couteau du Père Noël, tout en moules/frites et bière plutôt inattendu, les autres personnages sont pile poil conformes à nos souvenirs. Si la mise en scène de Nathalie Albar et Marion Tognan qui souligne volontairement par son rythme trépidant l’aspect farce de la pièce s’inscrit pleinement dans ce registre, il n’en demeure pas moins que, parce que sans surprise, on puisse de beaucoup préférer des spectacles plus novateurs tant dans la forme que dans le fond.

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