Aryen à déclarer

Soit un couple hyper traditionnel qui respire les alpages autrichiens, la domination patriarcale bien comprise et les couettes blondes platine version Heidi… Chez Fritz et Grete tout est toujours impeccable, elle –« ma poulette »- en robe blanche immaculée toujours prête à briquer encore et encore son intérieur bien douillet pour en traquer le moindre grain de poussière, lui -« mon lapin »- toujours prompt à participer au défilé folklorique de son village dans son lederhose, ce short tyrolien que personne n’envie… Plus clichés, tu meurs. Sauf qu’un jour tout dérape car la fringante fée du logis s’est approvisionné en banal détergent au « marché cosmopolite » voisin par pure commodité donc, mais au grand dam de son époux, pour qui c’est quasiment  synonyme d’abomination, d’abandon des sacro-saintes valeurs « ordre, silence et propreté »… Et, quand débarque à l’improviste au domicilie conjugal une étrangère « balkaniko-carpatho-transylvanienne », laquelle, couronne de fleurs sur la tête bien sûr, au charme de laquelle la maîtresse de maison ne va pas rester indifférente, bien au contraire,  c’est rien moins que l’apocalypse. Grave crise identitaire, bouleversement de la cellule familiale,  remise en cause absolue, voilà ce qui s’opère sous nos yeux… Et pour faire bonne mesure, on rajoute un chapeau pointu version Ku Klux Klan, des faisceaux rouges sang plein feux et force ralentis en lumières stroboscopiques pour bien souligner combien le « changement conservateur » atteint vite ses limites… Cette intrigue tragi-comique où l’homosexualité féminine gagne en visibilité se trouve affaiblie par une accumulation d’effets trop appuyés tant dans la mise en scène que dans le jeu des protagonistes. « Alpenstock » du nom de cette courte pièce de théâtre signée Rémi de Vos fait référence à la canne à embout ferré considérée comme l’ancêtre du piolet à en croire Wikipedia. Ce spectacle était présenté samedi en fin d’après-midi dans le cadre de ThéatraVallon par la Compagnie du Bathyscaphe, une troupe de Muret, laquelle était déjà venue à Marcillac lors d’une précédente édition, il y a trois ans.

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Un commentaire pour Aryen à déclarer

  1. soberclem dit :

    un peu rude, cette critique! dommage que la metteur(e) en scène n’ait pas été là pour justifier ses choix. Forcer le trait ne me gêne pas dans un parti pris burlesque. C’est une création toute nouvelle qui attend qu’on lui fasse des retours. Je me suis quant à moi interrogée sur le bleu/blanc rouge de l’écran, rouge pour le sang, mais le bleu? et oui, c’est interessant de rendre visible l’homosexualité féminine.

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