Tous ensemble

Pour décor une usine désaffectée, laquelle sert de refuge à un adolescent le plus souvent juché sur une chaise dans des positions plus extravagantes les unes que les autres, et lieu d’une rencontre fortuite avec une fille de son âge, qui aussitôt l’interpelle. Quelle est son histoire? Que fait-il ici? et celui-ci de répondre que: « le plancher de cette pièce est spécial, que chaque instant de beauté qu’on y crée peut apaiser la violence du monde, lui faire contrepoids »... Tout pour piquer sa curiosité… C’est ainsi que débute le spectacle proposé hier en soirée à la M.J.C. de Rodez rebaptisée depuis peu Théâtre des 2 Points. Du genre protéiforme et inclassable tant dans sa forme qui mêle textes déclamés, inserts de musique ou de danse en live, vidéos, ombres chinoises etc… que dans sa genèse puisqu’aux quatre comédiens professionnels du Théâtre du Clou venu du Québec se joint à chaque représentation un groupe de jeunes amateurs de la ville visitée. Ceux-ci ont travaillé en amont selon « leur sensibilité artistique » pour s’intégrer pleinement dans cette histoire où les rêves se nourrissent du réel, où rien n’est impossible et où le plus improbable peut toujours surgir… Une intrigue qui fait la part belle à l’utopie rafraîchissante, où l’engagement des uns fait écho à la détermination des autres, où l’imagination collective transcende chacun et devient force capable de déplacer des montagnes… un défi à relever pour une génération qui se définit comme « une confrérie internationale de veilleurs », laquelle se structure au besoin pour dépasser en objectifs et en ambition celle pourtant déjà très impliquée des parents… une sorte de fable politique autant que poétique qui interpelle tout un chacun… On pense à Greta Thunberg, la petite écolière suédoise à l’origine d’un mouvement mondial pour réclamer des actions concrètes pour lutter contre le réchauffement climatique… Une sorte de happening sans cesse régénéré où une chanson de Jacques Dutronc répond à un texte de Pablo Neruda, où voix, bruitages et effets de lumières se conjuguent pour installer une atmosphère irréelle et mouvante qui peut autant séduire que laisser perplexe. « Je suis le contrepoids du monde » de Karin Serres est à l’image de son affiche: en équilibre fragile entre interprétation hybride et générosité idéologique.

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