Les mânes de Jeanne

Le meilleur était pour la fin, un petit clip de quelques minutes où on pouvait retrouver cette grande actrice séduite par Marcello Mastroianni, embrassée par Jean Gabin, enlacée par Gérard Philippe, dans l’ombre d’Orson Welles ou tout sourire avec Daniel Gélin, autrement dit presque une anthologie du cinéma… Et ce d’autant plus que tout au long de la soirée on avait eu aussi droit à des extraits projetés en fond de scène sur grand écran de films de Louis Malle, Jacques Demy, François Truffaut, des figures de la Nouvelle Vague certes, mais pas que car il y eut aussi du Luc Besson etc…  Au travers de mélodies très célèbres comme « J’ai la mémoire qui flanche »… « La peau Léon » ou devenues mythiques comme « Le tourbillon de la vie », qui donnait d’ailleurs son nom au concert proposé vendredi soir au Conservatoire de Musique de l’Aveyron, c’est toute la carrière de Jeanne Moreau que l’on se plaisait à revisiter. Si l’on se souvient aussi que c’est à Espalion et dans sa région qu’elle tourna en tant que réalisatrice son deuxième et dernier film en tant que réalisatrice « L’adolescente » il y a 40 ans qu’elle vint ensuite le présenter en personne en avant-première dans la salle de cinéma de cette ville, on mesure combien elle compte pour le public de notre département. Ces chansons « qu’elle considérait comme un prolongement naturel de la comédie » pour reprendre la présentation du petit opus distribué à l’entrée, écrites sur des textes de poètes aussi différents qu’Elsa Triolet ou Serge Rezvani, lequel signait ses textes du pseudonyme ironique de Bassiak, « ce qui signifie va-nu-pieds en russe » mais aussi, à l’occasion, certains composés par elle-même, prenaient ainsi un tout autre écho interprétées par la voix de Sophie-Caroline Schatz, une des professeurs de l’école accompagnée seulement d’un piano. L’ombre de cette personnalité qui a marqué l’histoire du septième art bien sur mais au-delà s’est aussi inscrite dans une nouvelle perception de la représentation des femmes incarnant la liberté, le choix, l’insouciance, planait en permanence au-dessus du public venu nombreux comme un condensé de nombre d’avancées au plan sociétal et civilisationnel.

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