En pleine lumière

Nous sommes dans le nord de la France, l’Envol, le bien nommé, est un lieu d’accueil de jour pour femmes sans domicile fixe, lesquelles chaque matin en poussent les grilles pour venir y prendre une douche, un café, s’y réchauffer le cœur et l’âme, trouver calme et repos, et l’écoute attentive et dévouée de deux assistantes sociales qui ne comptent ni leur temps ni leur énergie pour essayer d’améliorer le sort de ces laissées pour compte. Une ambiance bon gré mal gré de convivialité et de fraternité où chacune est accompagnée personnellement, où l’on s’appuie sur le parcours connu de chacune pour l’aider au mieux, où la solidarité n’est pas un vain mot, où la confiance et le respect mutuel des unes et des autres servent de fondamentaux pour affronter les difficultés du quotidien et tenter de se projeter vers le lendemain.. Sauf que, pour cause de restrictions budgétaires, la municipalité estime que cela coûte trop cher, d’aucuns auraient dit « un pognon de dingue », pour des résultats jugés trop insuffisants en terme de réinsertion… Qu’à cela ne tienne, le personnel va passer outre et se lancer dans de multiples actions: ateliers thérapeutiques en tous genres, récupération et réparation d’appareils électro-ménagers, brocante… l’imagination au pouvoir pour redonner espoir et dignité à ces exclues… « Les invisibles » dernier film en date de Louis-Julien Petit devient ainsi une comédie bourrée d’humour, pétillante, truculente même parfois, où rien ne parait impossible et surtout pas regagner identité, fierté et élégance, où le dévouement des unes fait écho à l’immense courage des autres. Aux côtés de Corinne Masiero et d’Audrey Lamy absolument parfaites en têtes d’affiche, les autres personnages aussi touchants que pudiques sont des non-professionnelles qui ont connu la précarité, une touche d’authenticité supplémentaire pour rendre compte de la tragédie de la misère insupportable, ici et maintenant, dans un pays riche comme le notre. On pense à Ken Loach bien sur, tant cette comédie sociale et humaine dopée à l’utopie généreuse fait un bien fou. Ce long métrage où la résistance citoyenne est mise à l’honneur, s’appuie sur un livre très documenté « Sur la route des invisibles, femmes dans la rue » de Claire Lajeunie et Marion Doussot. Un film à voir de toute urgence.

 

 

 

 

 

 

Publicités
Cet article, publié dans Cinéma, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour En pleine lumière

  1. Ping : Invisibles – Rodblog.fr

  2. NATHALIE LE BRAZIDEC dit :

    Je suis sortie de cette séance totalement dévastée On est conscient de la détresse de certaines personnes,de leur nombre croissant, on croise dans la rue ces anonymes qui tendent la main en baissant la tête
    Pourtant cette réalité frappe de plein fouet
    merci JJ de m’avoir conseillée ce film !!!

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s