Casa et rappel

La soirée d’hier fera date. On la doit une fois encore à Kader Attou accompagné pour l’occasion de Mourad Merzouki, deux chorégraphes à l’origine de « Danser Casa », ou comment refléter « l’effervescence artistique de la ville de Casablanca notamment à travers ses artistes de street art et son importante communauté de danseurs hip-hop à l’origine du spectacle » sicDes enchaînements d’une redoutable efficacité, tous plus agiles et félins que jamais, huit danseurs au sommet de leur art pour un maelström riche d’imagination et de de virtuosité. Au début, tous semblent vêtus de façon semblable, chemise noire, pantalon clair et quelques taches de rouge: ici des chaussettes, là une ceinture… progressivement, de cette uniformité apparente, jaillira de la diversité colorée, de l’exubérance joyeuse, de la pluralité bienveillante dont chacun joue en solo ou collectivement pour installer une atmosphère toute de chaleur humaine et de respect réciproque. Au défi répond la complicité, à la provocation succède l’entraide, aux partitions individuelles font écho davantage encore de déplacements tout de fluidité harmonieuse, où authenticité et inspiration font merveille. Mouvements au ralenti ou plus saccadés, en formation au complet ou plus restreinte, tous s’accordent en brio et en dextérité, où la performance athlétique n’a d’égale que la décontraction, la maîtrise technique se nourrit de légèreté et de souplesse pour le plus grand plaisir des spectateurs qui n’en perdent pas une miette. Un décor réduit a minima, quelques lanternes orientales et des coussins multicolores brodés disposés sur chaque côté de la scène pour permettre, de temps à autre, aux artistes de récupérer un peu tout en restant partie prenante des différentes évolutions en cours, un rythme d’une rare intensité, des sauts acrobatiques au besoin, voire même une pyramide spectaculaire, et surtout une frénésie communicative dopée d’énergie contagieuse qui fait plaisir à voir, tout se conjugue pour diffuser au public subjugué enthousiasme et joie de vivre. De la semi-pénombre de lueurs rasantes du début au plateau pleins feux pour le final et le rappel, c’est à ce voyage tout d’inventivité et de grâce que l’on se réjouit d’avoir été convié. La Baleine archi-comble faisait unanime une longue standing ovation à toute la troupe. Que du bonheur !

Publicités
Cet article, publié dans Divers, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s