Tontonmaniaque

C’est un type à l’existence on ne peut plus ordinaire, banale, voire quelconque qui vient de se faire larguer, lequel se décide alors à écrire au tout nouveau Président de la République tout juste élu en ce 10 mai 1981 pour lui raconter les aléas de sa vie. Déboires sentimentaux bien sûr mais aussi difficultés sur le plan professionnel ( il enchaîne boulots précaires et périodes de chômage) sont ses sujets favoris et il se fait un devoir d’en rendre compte à l’Elysée régulièrement… jusqu’au jour où miracle il reçoit une réponse, une lettre type modèle de consensus et de vacuité réunis. Ce sera le départ d’une correspondance fournie, y compris post-mortem, avec son « Cher Président » dont il se persuade être devenu un proche, voire même un intime dont il ne cesse de tresser les louanges quant au style « aérien, littéraire, direct… la bienveillance, la pudeur… la force épistolaire… » sic, sic et resic, en clair, fan absolu de son idole dont il collectionne méthodiquement toutes les missives pourtant toujours rigoureusement semblables… et dénuées d’une quelconque implication personnelle. De temps à autre sa confiance inébranlable se trouve mise à mal, par l’épisode des écoutes téléphoniques par exemple ou certaines amitiés douteuses entretenues durant la seconde guerre mondiale avec des collaborationnistes notoires, mais, malgré tout, il continue à se réclamer d’être du sérail… Conseils farfelus, peines de cœur, tristesse passagère ou moments d’enthousiasme, tout se mêle délicieusement dans « Moi et François Mitterrand » ce texte d’un humour résolument iconoclaste signé Hervé Le Tellier. Décor tout en majesté, bureau ministériel très classe, épais rideaux de velours rouge et tapis accordé, portraits bien en vue des différents locataires successifs du Palais, tous d’ironie et de malice, et la prestance sensationnelle d’Olivier Broche, l’ex des Deschiens toujours maltraité par ses parents car trop intellectuel, tout se conjugue pour notre plus grand plaisir. De son entrée sur scène très solennelle en costume cravate très strict au final en pyjama bien kitsch, ses chansons improbables ou ses imitations décalées, ses confidences susurrées ou ses éclats de voix font merveille…                                                                                                                                        Une soirée proposée par la M.J.C. de Rodez toute de charme pour revisiter l’histoire politique moderne de notre pays. Que du bonheur!

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