M & M

Dans le mouvement qui a révolutionné la peinture dans la deuxième moitié du XIXème siècle, il y eut d’une part les membres historiques fondateurs du Groupe des Impressionnistes et d’autre part ceux qui, bien qu’ils n’aient jamais participé à la moindre Exposition de cette école y ont été associés. Dans le premier groupe rares étaient les femmes, dans l’autre certains ont pourtant réussi à se faire un nom. « Edouard Manet & Berthe Morisot, une passion impressionniste » un album paru chez Glénat scénario de Michaël Le Galli et dessins de Marie Jaffredo prend pour point de départ leur rencontre au hasard d’une salle de travail au Musée du Louvre en 1868 d’où naîtra d’abord une relation à forte coloration professionnelle, laquelle évoluera ensuite très vite jusqu’à devenir beaucoup plus profonde, entre romance corsetée par l’époque et élans du cœur. D’une part, une jeune fille de bonne famille et sa sœur Edma, arrières-petites-nièces de Fragonard, lesquelles depuis plusieurs années suivent des cours de peinture plutôt académiques et de l’autre un personnage à la réputation déjà sulfureuse qui, dès le premier regard, tombe en admiration devant la beauté de celle qu’il ne voit d’abord que comme un modèle potentiel dont il s’imagine pouvoir multiplier les portraits. Bien qu’il soit l’objet de violentes critiques, malgré l’appui de Zola et de Baudelaire, ses tableaux suscitent nombre de controverses alors qu’il ne cherche, répète-t-il à l’envie, « ni scandale, ni gloire », ses œuvres très personnelles vont leur servir de trait d’union… Attirance mutuelle, respect d’artistes qui partagent des orientations complémentaires, progressivement tous deux vont développer une fascination réciproque, où les audaces de l’un font écho aux innovations de l’autre… le tout raconté au travers de fragments de lettres en tête des différents épisodes où chaque planche, chaque illustration bruissent de sentiments à peine dévoilés, de minuscules gestes de tendresse, de ces regards fiévreux synonymes des liens profonds autant qu’ambigus qui se tissent insensiblement entre eux. Toujours plus mystérieux et intrigant pour lui, confidente, jalouse ou amoureuse, c’est selon, pour elle, on découvre au travers de ce récit l’intimité de deux fortes personnalités qui ont marqué l’histoire de la peinture française. Un supplément de quelques pages avec de magnifiques reproductions de tableaux emblématiques rajoutent une note glamour à une histoire qui déjà n’en manque pas. Une bande dessinée toute de légèreté gracieuse et de sensualité discrète  à découvrir au plus vite.

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