Rythmes n’ blues

Même la célébrissime ponctualité helvétique n’existe plus!!! C’est en effet avec plus d’une demi-heure de retard que s’avancent sur la scène du Club sans un seul mot d’excuse fut-il bidon, genre overdose de fondue ou indigestion de chocolats, deux guitaristes nonchalants, l’un affublé d’un chignon façon Bouddha, l’autre de longues tresses surdimensionnées style rasta qui lui tombent sur les fesses, lorsqu’ils débutent leur prestation par un instrumental fort séduisant… Plaisir qui, hélas, ne va pas durer longtemps car paradoxalement pour une formation venue d’un pays, la Suisse, qui compte quatre langues officielles, français, allemand, italien et romanche, « The Two » venus de Lausanne vont interpréter la totalité de leurs chansons blues dans un anglais yaourth ou caoutchouteux, c’est selon, des textes souvent marmonnés, crachouillés, voire éructés, ponctués d’ interrogations récurrentes stupides genre « Ça va Rodez ? » sic répétées jusqu’à plus soif et autres « Oh yeah » ou « Wow wow » resic lancés à la cantonade pour solliciter le public… À moins que ce ne soit un hommage appuyé à un leurs compatriotes célèbres Guillaume Tell (told, told ?) au risque qu’il ne s’étrangle avec sa pomme! Que ne se contentent-ils de jouer de leurs instruments, ce qu’ils font vraiment bien d’ailleurs, plutôt que de s’essayer à ce registre. Seule une reprise impromptue de « The Wall » des Pink Floyd en toute simplicité sortait ainsi un peu du lot de ce concert vraiment two much…                                                                        Surtout en comparaison de ce qui allait suivre… Signe qui ne trompe pas, quand elle s’installe accompagnée de son orchestre, le silence se fait, plus de bruit parasite… Moonlight Benjamin, vêtue d’une longue robe de soirée noire agrémentée d’un voile de dentelle, va offrir pendant plus d’une heure un récital de haut vol. Une voix authentique qui lui permet d’incroyables variations, du jazzy au plus incantatoire, de mélopées sensuelles en envolées mystiques… de la chaleur humaine pour enchanter ses racines caraïbes et vaudou, des moments forts qui regorgent de générosité et d’enthousiasme, d’énergie délicieusement punchy, de rythmes endiablés et de passions. Et le public de chavirer dans une ferveur communicative, presque en transes… Seul regret quelques mots de présentation pour chaque morceau aurait facilité l’adhésion à ses paroles en créole qui exaltent son pays, sa culture, son peuple: Haiti… Une communion rare avec les spectateurs. Ce spectacle estampillé M.J.C. Rodez était décentralisé au Club, lieu labellisé temple local des musiques actuelles, lequel chaque année propose toujours plus de rendez-vous.

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