Plus jamais seule

C’était hier soir à La Doline à Sébazac en préambule aux marches contre les violences sexistes et sexuelles prévues un peu partout cet après-midi en France, mais aussi ailleurs en Suisse par exemple, à la veille aussi de la Journée Internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes célébrée chaque 25 novembre depuis une résolution de l’Organisation des Nations-Unies votée en 1999 en mémoire des trois sœurs Patria, Minerva et Maria Teresa Mirabal assassinées en République Dominicaine par le dictateur de l’époque. Le CIDFF (Centre d’Information sur les Droits de Femmes et des Familles) de l’Aveyron avait choisi d’inviter une troupe de Blois, la Compagnie du Hasard, pour son spectacle sur la même thématique. « La cave » est un texte de Bruno Cadillon, incisif, percutant, qui va droit au but, comme un condensé du quotidien d’une femme rabrouée d’abord, méprisée très vite –« tu n’as rien fait de ta journée »-sic , soupçonnée bien sûr et in fine insultée –« grosse truie »-resic, maltraitée, frappée avant d’être séquestrée chez elle par un mari devenu un vrai psychopathe… Il a en effet transformé toute la maison, installant partout des caméras de vidéo-surveillance pour épier depuis « son Q.G. » installé en sous-sol tous les faits et gestes de son épouse… laquelle sera détenue et menottée dans des conditions épouvantables, hygiène et nourriture… Une fiction symbolique, presque paroxystique pourrait-on penser tant elle condense à l’extrême des situations très diverses… sans doute, mais pas si caricaturale quand on sait qu’en France, démocratie de longue date d’un pays développé, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon, mari, amant etc… Une structure légère quasiment sans décor, mais quatre comédiens bruissant d’émotions et de ferveur pour rendre palpables la douleur sourde et insidieuse, la peur qui rôde ou l’arrogance du bourreau convaincu de son impunité… L’engrenage fatal s’installe très vite et prend le public à témoin devant ce qui dérape crescendo… À l’issue de la représentation des échanges avec les spectateurs prolongeaient la soirée entre informations précises comme le nombre de victimes: 228 aidées dans notre département en 2017 ou l’écoute et le soutien dispensés au 3919 numéro d’urgence.                                                                              Une soirée qui aurait mérité une plus large audience.

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Un commentaire pour Plus jamais seule

  1. NATHALIE LE BRAZIDEC dit :

    Public peu nombreux mais de qualité …comme le rapporteur de cette belle soirée !

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