Intimité

Sans doute eut-il mieux valu que le personnage principal portât un de ces prénoms épicènes chers à Amélie Nothomb… quoique récemment à Lorient un juge ait refusé qu’un bébé de sexe masculin soit prénommé Ambre, mais non… elle qui est née Isabella, depuis toujours n’aspire qu’à une réassignation sexuelle pour enfin s’épanouir comme garçon… Dean en référence à son idole James Dean dont un poster géant décore sa chambre. Sa décision radicale et irrévocable prise, il faut entamer ce long processus physique, maquillage de circonstances, traitement hormonal et autres… mais surtout, et peut-être plus complexe encore, changer le regard d’autrui, de sa famille, de ses proches, de son petit copain Josh bien sûr dont l’amour est percuté de plein fouet mais aussi celui de son environnement sociétal comme son établissement scolaire par exemple etc… Complicité ou incompréhension, soutien ou indifférence, adhésion ou  rejet, angoisse ou confiance en l’avenir, c’est tout cela qui se joue dans la pièce présentée hier soir à la M.J.C. de Rodez dans le cadre de Novado 5. « Pronom » de l’auteur britannique Evan Placey avec sur-titres en anglais pour mieux en apprécier la verve d’origine, est un modèle d’intelligence tout de nuances et de pudeur sur un sujet en prise directe avec l’actualité qui interpelle chacun tant il touche à l’intime. Voilà pour le fond de ce texte remarquable qui évoque aussi Rosa Parks ou les émeutes de Stonewall. Quant à la mise en scène assurée par Guillaume Doucet pour la compagnie bretonne Groupe Vertigo, laquelle mérite vraiment bien son nom, en écho à la transition douloureuse, elle est absolument éblouissante du début à la fin… nous entraînant du cocon douillet d’une chambre d’ados à l’effervescence du Glastonbury Festival, de la froideur d’un cabinet médical à la condescendance pincée de l’équipe pédagogique de son lycée sans oublier l’agitation d’un futur mariage, lequel sera le catalyseur ultime… Un décor évolutif particulièrement astucieux avec une bonne dose de gazon so british ou ce dressing surdimensionné, pour une pièce magistrale que transcendent des comédiens particulièrement justes et touchants, lesquels se démultiplient à loisir changeant sans cesse de rôles, autour de ce couple rayonnant  de fraîcheur et de sensualité. Un spectacle tout de bienveillance, de tendresse et d’humanité sur l’identité qui doute et se cherche…                                    Exceptionnel!

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