Roya pro nobis

Nous sommes dans la vallée de la Roya, une zone qui joue à saute-frontières entre Italie et France, coincée entre Vintimille et le col de Tende. C’est par là que chaque jour de nombreux étrangers venus essentiellement d’Afrique essaient de passer pour rejoindre divers pays d’Europe. C’est aussi là qu’habite Cédric Herrou, agriculteur nouvelle génération, lequel essaie de vivre de façon alternative au cœur de son oliveraie avec aussi un élevage de poules dont il commercialise les œufs. D’avoir si souvent croisé ces hommes, ces femmes, ces enfants, affamés, démunis, égarés, lui a ouvert les yeux sur des situations criantes d’inhumanité… Alors, sans hésiter il transformera sa « ferme des lucioles », en lieu d’accueil et d’entraide, où trouver soutien, se ressourcer et reprendre espoir… une volonté assumée qui lui vaut depuis lors moult démêlés avec la police et la justice entre gardes à vue à répétition, condamnations diverses et même quelques jours de prison… sauf que cela ne fait que le convaincre davantage pour mieux enraciner son combat et celui de ses camarades, paysans, infirmière, avocate, etc… tous engagés dans l’aide aux migrants pour les nourrir, soigner, enseigner des rudiments de français, accompagner dans les démarches administratives indispensables pour faire valoir leurs droits en particulier pour les mineurs qui selon la loi relèvent de l’Aide Sociale à l’Enfance… Une lutte de tous les instants, souvent inégale face aux autorités qui se dérobent ou ne répondent que par la manière forte… C’est de tout cela dont le film « Libre » de Michel Toesca, son ami, rend compte. Ce documentaire chaleureux devient alors caisse de résonance et plaidoyer serein et évident pour rendre hommage au courage, à l’humilité mais aussi à la détermination tranquille de tous ceux pour qui la solidarité n’est pas un vain mot. Après avoir eu les honneurs d’un article dans le New York Times ou décroché le titre d’Azuréen de l’année 2016 plébiscité par les lecteurs de Nice-Matin, Cédric Herrou a pu monter les marches du Palais du Festival de Cannes en juin dernier en compagnie de plusieurs réfugiés pour ce long métrage soutenu entre autres par Emmaüs ou Médecins du Monde. Sa plus grande victoire sera la décision du Conseil Constitutionnel en date du 6 juillet 2018 laquelle consacre: « le principe de fraternité et la liberté d’aider autrui dans un but humanitaire »! Ce film était projeté en sa présence hier au cinéma à Rodez devant une salle archi-comble, puis il répondait ensuite bien volontiers aux nombreuses questions du public en compagnie d’une représentante de la Ligue des Droits de l’Homme.                                                                                                                                                 Un film d’une grande sensibilité construit autour d’une personnalité aussi attachante que modeste, qui inspire respect et admiration.

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