Tous responsables

C’est un spectacle hybride, un brûlot révolutionnaire tant sur la forme que sur le fond auquel le public était convié mardi soir à la M.J.C. de Rodez dans le cadre de la nouvelle édition de Novado. Un ovni genre conférence gesticulée extrêmement documentée et dont chaque argument longuement explicité, chaque exemple donné en référence, chaque nouvelle idée développée ne font qu’accentuer chez chaque spectateur malaise diffus, interpellations individuelle et collective devant l’apocalypse annoncée. Car le sujet est on ne peut plus ambitieux: à savoir donner à voir, ressentir et illustrer la crise économique, sociale et environnementale qui couve, explose et nous entraîne tout droit dans le mur. Pas de danse en solo ou en duo en alternance ou en réponse à de longues tirades lumineuses d’intelligence pour piquer au vif le spectateur, lequel n’en perd pas une miette. « Ce qui m’est dû » est une création de la Débordante Compagnie pour explorer tous les arcanes de la société actuelle sur un ton volontairement apaisé voire bienveillant, en faire ressortir toutes ses contradictions et nous obliger à nous positionner dans nos pratiques du quotidien… Si Héloïse Desfarges déroule le récit de sa vie personnelle, c’est très vite pour s’interroger, comme l’indique si bien le titre, sur le pourquoi et le comment de quelqu’un né en 1980 et ayant eu une enfance confortable par rapport à ses droits et devoirs vis à vis de la société. Des questions existentielles fondatrices qui interrogent et/ou éclairent  sa trajectoire de danseuse… « Qu’est-ce qu’on me doit?.. Qu’est-ce que je dois?… à qui, pour qui » etc… Des questions en suspens bien sûr… sauf que loin d’être sentencieux et pesant, par la grâce de déplacements tout de grâce et de souplesse en écho aux discours engagés de son alter ego Antoine Raimondi, tout devient d’une incroyable limpidité, d’une terrifiante lucidité qui fait vraiment froid dans le dos… Avec des extraits de textes toujours d’actualité, des situations hautement symboliques comme la genèse de la Z.A.D. de Notre Dame des Landes et autres… pour traduire de façon magistrale la tragédie de l’humanité! Contrairement à certains mouvements d’idéologie douteuse qui ne veulent que satisfaire le plaisir égoïste de quelques-uns de polluer toujours davantage au détriment de la santé de tous, faisant fi du réchauffement de la planète et des réfugiés climatiques que cela induit, mieux vaudrait méditer cette phrase que l’on attribue à Antoine de Saint-Exupéry inspiré probablement d’origine africaine ou amérindienne: « Nous n’héritons pas la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants ». Génial du début à la fin!                                        À noter qu’un petit livret avec l’intégrale de l’histoire et la bibliographie qui sert d’appui est vendu à prix libre à la fin de chaque représentation.

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