Barroux d’honneur

Il y a plusieurs façons de célébrer le mois prochain le centenaire de l’armistice de la Grande Guerre. Le collège Fabre travaille sur la « croisée des regards » avec les portraits des poilus exposés sur ses façades extérieures, et à l’intérieur de ses locaux, des photos d’un reporter de guerre via Photofolies. Hier la Ligue des Droits de l’Homme et la Libre Pensée organisaient conjointement une conférence débat pour obtenir « la réhabilitation des fusillés pour l’exemple », et le même soir à La Baleine était proposé un spectacle très original combinant projection de dessins réalisés en direct avec un accompagnement de musique live. À l’origine il y a une bande dessinée parue aux Editions du Seuil « On les aura! Carnets de guerre d’un poilu août/septembre 1914 » de Barroux, née du hasard, à savoir la récupération fortuite dans un carton de déménagement destinée à finir à la benne d’une médaille militaire et d’un journal de bord d’un soldat. Celui-ci relate son vécu au jour le jour durant l’été 1914 depuis la mobilisation jusqu’à sa blessure au front qui l’expédie dans un hôpital… une période brève donc, ponctuée de marches incessantes pour prendre une crête ici, se replier dans l’urgence là, l’artillerie est toujours présente, les tranchées aussi bien sur, les cadavres et les mutilés également, mais décrite via un regard presque serein…à hauteur d’homme… du recul par rapport aux habituels souvenirs de combats… et donc d’autant plus intéressant. « Un témoignage d’une richesse historique et humaine incroyable » dixit l’auteur, d’un soldat anonyme persuadé, comme tous ces camarades, que le conflit n’allait pas durer et qu’ils seraient tous de retour pour Noël… On connait la suite… Aux pinceaux et à l’encre noire, il dessine ainsi une succession d’une douzaine de planches sur un carnet à spirales, et parallèlement lit au micro des extraits de ces mémoires. En résulte une fresque particulièrement vivante, riche de détails simples mais si justes, un reportage vibrant qui va à l’essentiel. Les accords à la guitare de Julien Joubert à la fois lancinants et plaintifs mais aussi brutaux à l’occasion s’accordent parfaitement pour rendre palpable le ressenti de chaque instant. Le vocabulaire d’époque « les Prussiens… les aéroplanes… » ajoute indéniablement la touche d’authenticité qui fait de chaque spectateur le complice privilégié de ce récit hors du commun. Ce ne sont pas les scolaires qui ont eu droit à une représentation spécifique l’après-midi qui diront le contraire.

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