Relevée de conte

Tout a priori semble calme et tranquille dans cette chambre d’adolescente, son lit, son gros nounours en peluche bien élimé et dans un coin une coiffeuse pour se maquiller et se pomponner à loisir. Elle est là, couchée telle la Belle au bois dormant, magnifiquement vêtue, quand soudain débouche de nulle part une créature fantastique, la Bête qui se penche sur elle … Et c’est le début d’une nuit entre rêves et cauchemars… elle se retrouve au beau milieu d’un monde inconnu, rythmé par des musiques obsédantes, des lumières tantôt vacillantes, tantôt voilées, où le bizarre tutoie le fantaisiste, l’énigmatique fait écho au merveilleux, un mélange de hasard et d’apesanteur où le rationnel n’est plus la règle, et où l’étrange se révèle méthodique… De chaque côté de la scène pour bien délimiter cet espace si particulier, d’une part la porte d’accès, de l’autre, les deux battants d’un placard mystérieux, d’où ne cessent de surgir à intervalles irréguliers de surprenantes silhouettes toujours en mouvement… un peu comme le lapin d’Alice, imprévisibles autant que fascinantes… Voilà planté le décor du rendez-vous proposé hier par la M.J.C. de Rodez mais décentralisé à La Baleine. « Boutelis » par la Compagnie Lapsus, au nom bien de circonstances, fait référence par ce terme arabe à « une paralysie du sommeil », genre d’état second où l’on est incapable de bouger, une sidération absolue qui annihile toute volonté… Et c’est ainsi que se succèdent plusieurs moments où l’imaginaire se nourrit de poésie, des séquences oniriques et sophistiquées lesquelles mettent en valeur tant la performance physique individuelle que la fluidité de certaines chorégraphies collectives de ces artistes circassiens qui peuplent ou hantent, c’est selon, les divagations et autres évasions mentales de la belle endormie… un monde où l’on ne s’étonne donc pas de voir d’incroyables cerfs-volants virevolter en tous sens, des monocycles en goguette, des jonglages aléatoires, des portés athlétiques, des pyramides élancées ou des voltiges périlleuses… des numéros envoûtants autant que déroutants qui éclairent de flashs fulgurants cette temporalité hors norme dans laquelle se trouve plongée l’héroïne… Quand à la toute fin elle s’éveille, tout est rentré dans l’ordre… quoique…           Un spectacle atypique et insolite qui subjugue autant qu’il peut laisser songeur…

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