Alea jacta est

Une histoire incroyable qui illustre combien la fin de l’apartheid en Afrique du Sud aurait pu tourner au bain de sang, en lieu et place de l’avènement de la démocratie sans le courage et le sens du compromis de deux personnages que tout aurait dû opposer. D’un coté le héros du peuple noir, Nelson Mandela, libéré le 11 février 1990 après 27 années d’emprisonnement dans des conditions terribles, de l’autre le général Constand Viljoen, lequel gravira tous les échelons pour finir en 1980 Commandant en chef de la Force de défense du pays où il dirige l’armée de terre, de l’air et de la marine. Au faite de sa gloire, il mettra un terme à sa carrière militaire pour reprendre la ferme familiale… Élevé dans la tradition afrikaaner, il est persuadé de la justesse du système ségrégationniste inscrit dans la loi depuis 1948 au contraire de son frère jumeau Braam, pour qui ce régime inégalitaire est irrémédiablement condamné… Bien qu’à la retraite, il reste vénéré par nombre de fermiers blancs venus de la droite la plus extrémiste, racistes notoires et fiers de l’être, lesquels veulent à tout prix faire échouer « la solution politique qui conciliera les peurs des blancs et les aspirations des noirs »… Ils lui demandent de prendre la tête de leurs milices suréquipées, une nouvelle armée boer forte de 50 000 hommes… ce qu’il acceptera in fine… Provocations, attentats et meurtres en réponse aux mouvements révolutionnaires violents dans les townships… la situation est chaque jour plus explosive à la veille des premières élections libres et démocratiques de 1994. Le frère servira d’intermédiaire entre les deux protagonistes, lesquels noueront progressivement une relation cordiale basée sur le respect et la confiance réciproques… Au grand dam de leurs propres partisans, ils feront ensemble le choix de la paix, de la résilience et de la réconciliation… Cette B.D. parue aux éditions Seuil Delcourt « Mandela et le général » écrite par John Carlin, six ans correspondant à Johannesburg pour le journal anglais « The Independent » s’avère une  passionnante chronique, aussi précise que documentée d’une page d’Histoire contemporaine avec des dessins d’Oriol Malet qui lui travaille régulièrement comme caricaturiste pour des magazines catalans.                                                                                        Tant le récit, la mise en page que le graphisme sans fioritures, tout concourt à faire de cet album une réussite qu’il faut absolument lire… une nouveauté disponible à la médiathèque de Rodez.

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