In the mood for jazz

Plutôt qu’au film de Wong Kar-wai, c’est à un de Woody Allen qu’on aurait pu faire référence car telle était la courte soirée d’hier à la M.J.C. de Rodez en clôture d’une réunion d’envergure des Jeunesses Musicales de France pour célébrer le 70ème anniversaire de leur présence en Aveyron. Le concert aurait pu s’intituler « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le jazz sans jamais oser le demander » car de fait c’est à un récit initiatique et didactique à travers l’histoire de ce genre musical que l’on était convié. « L’histoire du vieux Black Joe » titre du spectacle offert par le Quartet Issachar propose rien de moins que de retracer en une petite heure la genèse, l’essor progressif puis enfin la consécration du JAZZ, en version succincte, d’en balayer tous les styles de la façon la plus exhaustive possible, en l’illustrant en accéléré des grands standards qui font maintenant partie du patrimoine de tous les mélomanes. C’est ainsi que l’on voyage des champs de coton de Louisiane et ses esclaves noirs reprenant des work-songs à l’atmosphère plus fiévreuse de Chicago au temps d’Al Capone, de la cote Ouest et son genre sophistiqué à New-York et ses affiches prestigieuses… Incarner un genre au travers d’un personnage fictif dans un but pédagogique et conter ainsi de facto en sous-main l’histoire des États-Unis toujours malade de la ségrégation, est sûrement une excellente idée pour sensibiliser les scolaires, mais en soirée pour tout public, c’est beaucoup moins évident. Reste que les quatre multi-instrumentistes rivalisent d’énergie et de fraîcheur pour explorer toutes les facettes du genre avec beaucoup de présence. En jouant de toute la gamme des émotions: de la douleur à la révolte, du spleen à la fierté, de la clandestinité à la lumière, avec un travail sur les costumes et les accessoires de mode superbement raccord avec chaque époque, lesquels ajoutent une touche glamour du meilleur effet, ce concert sympathique atteint son objectif  « une brève histoire du jazz »… Les fans absolus qui sont un peu restés sur leur faim se précipiteront sur « Le dictionnaire amoureux du jazz » paru en début d’année de Patrice Blanc-Francart, voix historique de France Inter.

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