Passage à vide

Une expérience bizarre et pour tout dire franchement décevante que ce concept de « soirée unique » revendiquée par l’artiste qui était vendredi à La Baleine dans le cadre de la nouvelle édition de Rire Onet. « Vous ne savez pas ce que vous allez voir, il ne sait pas ce qu’il va vous dire… » citation intégrale du dépliant qui fait office de programme d’accompagnement, lequel résume pour le coup à merveille le gloubi-boulga qui allait suivre… On lit aussi plus loin: « il puise dans ses trois heures de spectacle pour en sélectionner 60 minutes » -sic- d’où le titre de « 60 minutes avec Kheiron », genre improvisations où l’on rebondit en permanence, entièrement bâti sur l’interaction avec le public… le style à se raccrocher aux branches… sauf que hier ce fut essentiellement brasser du vide, tirer au maximum sur la corde et laisser tourner l’horloge… Kheiron et ron, petit patapon… La désinvolture assumée, l’à-propos pertinent, le répartie qui fuse, faire flèche de tout bois… pourquoi pas? sauf qu’hier le public qui servait de punching-ball pouvait légitimement se demander où il avait mis les pieds car c’était plus de la navigation à vue sans boussole, proche du naufrage, ou du stand-up approximatif oscillant entre je-m’en-foutisme et foutage de gueule!!! Que l’on imagine pouvoir faire rire en instaurant « un concours d’insultes » dans lequel sont impliqués de jeunes enfants ou adolescents à qui on demande de cibler une personne de leurs proches, ou se moquer sans vergogne des prénoms, certes surannés, des doyens de l’assistance, relève au mieux de la stupidité, au pire du mépris des spectateurs… « un voyage en malaisie, le pays du mal-être » –resic, version moderne du toucher le fond et creuser encore! Si on ajoute quelques bordées de blagues douteuses, scabreuses voire nauséabondes, on regrette vivement d’avoir payé sa place pour un tel salmigondis… « C’est un spectacle où l’on n’apprend rien » dit-il fièrement à la fin de cette heure interminable dans un moment de lucidité… on ne saurait mieux dire. Parmi les membres de son équipe, on plaint sincèrement celle qui est derrière la caméra à filmer chaque soir pour ensuite devoir choisir quelle image extraire pour nourrir le site internet… Une illustration parfaite de ce qu’Einstein avait coutume de dire: « Deux choses sont infinies: l’Univers et la bêtise humaine. Mais en ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue. »                                                                                                                                                    Mieux vaut se souvenir de son premier film autrement sincère et sensible « Nous trois ou rien ».

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