Rétro, bravos, J.O.

Une excellente surprise pour ouvrir la nouvelle saison culturelle que le spectacle présenté hier soir en partenariat avec la MAIF à la MJC de Rodez dans un décor très simple, une estrade avec en fond un écran sur lequel seront projetées de vieilles photos ou des documents d’actualités . « Les jeux sont faits » texte et mise en scène de Georges Berdot n’a pas la prétention d’être exhaustif, juste de revenir sur des anecdotes cocasses, incongrues, farfelues, déjantées ou iconoclastes mais toujours authentiques, relatives aux Jeux Olympiques, les tous premiers dits de l’ère moderne, made by Pierre de Coubertin depuis Athènes 1896 jusqu’à Berlin 1936… C’est ainsi que l’on croisera une quarantaine de personnalités aux destins aussi variés que surprenants, de Betty Robinson première médaillée sur 100 mètres, laquelle survivra à un accident d’avion, se réveillera à la morgue et gagnera à nouveau en relais cette fois 12 ans plus tard malgré une jambe plus courte que l’autre ce qui l’empêchait de s’accroupir!!! ou bien encore la famille Swahn, Oscar le père et Alfred le fils, médaillés ensemble à Anvers en 1920 à l’épreuve par équipes de tir au cerf courant… si, si, ça existait vraiment! un cas unique dans l’histoire de l’olympisme… Michel Thétao marathonien luxembourgeois courant sous les couleurs tricolores… Mais encore Géronimo exhibé comme un trophée exotique fantasmé à l’Exposition Universelle de 1904 en marge des Jeux de Saint-Louis… Johnny Weissmüller, champion de natation reconverti plus tard en Tarzan par Hollywood ou James Cleveland Owens de son vrai nom, rebaptisé Jesse par sa prof, afro-américain quadruple médaillé à Berlin au grand dam des nazis et d’Hitler en personne et dont le film « La couleur de la victoire » de Stephen Hopkins sorti il y a deux ans retrace aussi l’incroyable aventure… Plus qu’une suite de petites histoires individuelles, cette pièce qui s’appuie sur une documentation rigoureuse se révèle une formidable analyse géopolitique et sociétale d’une époque où le racisme honteux, le machisme dégoulinant et la misogynie revendiquée s’étalent sans complexe dans les journaux et dans les commentaires des pontes du Comité International Olympique, des barbons imbus de leurs personnes toujours prompts à pérorer… Enlevé, pétillant d’humour, d’ironie et de dérision, jouant sur plusieurs registres, mime, burlesque, clown voire marionnettes, on se régale de bout en bout avec la troupe du Théâtre Job venu de Bordeaux.                                                                     À déguster sans modération avant Paris 2024 en gardant en mémoire la devise originelle « Citius, Altius, Fortius » et les dérives actuelles avec l’omniprésence du dopage, de l’argent et autres manipulations en tous genres… notamment l’affairisme immobilier.

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