Cour des miracles

« Capharnaüm » le dernier film en date de Nadine Labaki couronné du prestigieux Prix du Jury au dernier Festival de Cannes était présenté dimanche soir en clôture du 4ème Festival du film d’Espalion en avant- première. C’est une histoire aussi poignante que désespérée, aussi dramatique que lucide sur le sort d’enfants dans les bidonvilles de Beyrouth. Le personnage principal, Zain, a une douzaine d’années. Réfugié syrien, lui et sa famille nombreuse vivent misérablement dans des locaux insalubres. Il occupe ses journées à charrier des denrées diverses beaucoup plus lourdes que lui pour des clients fortunés et ses soirées à vendre aux automobilistes arrêtés aux feux rouges boissons et friandises. Sa vie va basculer lorsqu’il verra sa petite sœur de 11 ans mariée de force en échange de la non-expulsion du taudis dans lequel tous s’entassent. Il sera jeté à la rue par ses parents auxquels il s’oppose, et plus ou moins recueilli par une jeune femme éthiopienne, mère célibataire, elle aussi dans la misère… Petits boulots, chapardage et trafics en tous genre pour essayer de s’en sortir, absence de quelconques papiers puisqu’il n’a aucune identité, n’ayant jamais été déclaré à l’état-civil, mais une volonté farouche et un courage extraordinaire pour ne jamais sombrer, voilà la trame de cette histoire extrêmement douloureuse qui s’ouvre par la comparution du jeune héros devant un tribunal auprès duquel il poursuit ses propres parents pour l’avoir mis au monde et ne pas l’avoir élevé ni lui ni l’ensemble de la fratrie dans des conditions humaines et décentes… De cette plongée sans concession vue au travers des yeux de ce petit bonhomme confronté trop vite à la nécessité de toujours se battre, se relever sans cesse pour survivre jusqu’au lendemain  toujours plus incertain, la réalisatrice en esquisse les contours avec beaucoup de pudeur et de respect, presque de la tendresse face à la tragédie… et heureusement sinon ce serait vite insupportable! On ressort bouleversé de la projection tant l’émotion affleure à chaque instant dans les portraits de tous ces laissés pour compte croisés au fil de ce récit. Incarné par ce tout jeune garçon charismatique, ce long métrage résonne de l’actualité tumultueuse d’un Proche-Orient si complexe, si lointain et si proche à la fois…                                                                                                                À ne manquer sous aucun prétexte.

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