US et coutumes ?!?

Albert Woodfox 43 années d’isolement enfin libéré de prison le 19 février 2016… Robert Hillary King 31 ans derrière les barreaux dont 29 à l’isolement libéré le 8 février 2001, Herman Wallace sorti de l’isolement le 10 juillet 2013 et finalement libéré le 1er octobre 2013 après 41 ans de détention pour succomber du cancer 3 jours plus tard, tous trois ont fait partie des Black Panthers, un mouvement de libération né aux Etats-Unis, qui, de la fin des années 60 jusqu’au début des années 80, a multiplié les actions en faveur de la minorité noire dans le contexte ségrégationniste de l’époque. Plus connus sous le nom « Les trois d’Angola » du nom du pénitencier en Louisiane où ils ont été enfermés dès 1972 injustement accusés du meurtre d’un gardien, qu’ils n’avaient pas commis,- ce qu’ultérieurement la justice américaine reconnaîtra à plusieurs reprises-, ils ont payé leur militantisme, détenus dans des conditions inhumaines, cellules de deux mètres sur trois, brimades incessantes, fouilles anales et autres humiliations de tous les jours… Grâce à l’obstination d’un jeune étudiant en droit qui reprendra toute l’affaire pour montrer les incohérences de l’accusation montée de toutes pièces basée sur de faux témoignages recueillis à charge, grâce à la mobilisation de l’ACLU (American Civil Liberties Union) qui relaiera une plainte pour dénoncer la pratique de l’isolement comme « une forme particulièrement odieuse de traitement cruel inhumain et dégradant »– ce qu’un juge fédéral reconnaîtra dans un jugement historique en 2001-, grâce aux diverses organisations de défense des Droits de l’Homme qui ont pris fait et cause pour eux dont Amnesty International qui publiera un rapport en juin 2011 intitulé « 100 ans d’isolement : les Trois d’Angola et leur combat pour la justice », jusqu’au Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, ou la veuve du gardien assassiné que les condamnés auraient tué qui a déclaré à plusieurs reprises « être convaincue de leur innocence », grâce à un documentaire militant projeté depuis 2013 dans de nombreuses réunions… etc… etc … enfin le cauchemar a pris fin… C’est cette histoire aussi poignante que terriblement douloureuse que reprend avec maîtrise et tact la bande dessinée « Panthers in the hole » parue à la Boite à bulles dans la collection Contrecœur avec le parrainage d’Amnesty International, scénario de Bruno Cénou et graphisme en noir et blanc teinté de gris parfait pour décrire leur quotidien d’enfermement de David Cénou, sans oublier la préface déchirante de Robert King, l’un des trois activistes qui débute ainsi: « Je suis né aux Etats-Unis. Je suis né noir et je suis né pauvre. Peut-on s’étonner que j’aie passé la plus grande partie de ma vie en prison?  »  Terrifiant constat de la réalité carcérale au pays de l’Oncle Sam appuyé sur une documentation de qualité pour bien saisir le contexte.                          Un livre exceptionnel à lire de toute urgence.

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