Il était une fois dans l’ouest

« Jean Petit qui danse » est une chanson que tous les enfants de maternelle connaissent pour s’y être déhanchés plus ou moins en rythme, une entêtante comptine pour mémoriser les différentes parties du corps… Par contre, beaucoup moins nombreux sont ceux qui savent que ce chirurgien natif de Villefranche de Rouergue fut, avec Lapaille, maçon de profession et tenancier de cabaret à ses heures, et Lafourque, lui maître sellier, l’un des meneurs d’un des premiers mouvements populaires, la révolte des croquants… Nous sommes en 1643 et, pour renflouer les caisses du royaume, le Premier Ministre Mazarin décide d’augmenter encore les impôts, en particulier la taille royale, ce qui ne fait que réduire davantage le peuple à la misère. Dans les campagnes, particulièrement en Rouergue, le mécontentement gronde, lequel sous l’impulsion de ces trois héros très déterminés devient vite insurrection… Avec le soutien de plusieurs milliers de personnes, ils organisent la résistance, rencontrent les émissaires du souverain, détaillent leurs revendications et multiplient les initiatives jusqu’à quasi s’auto-administrer pendant plus de 100 jours… La répression terrible qui s’ensuivra menée avec acharnement par les troupes du Roi montre combien ces idées d’inspiration révolutionnaire autant qu’autogestionnaire, un siècle et demi avant la Révolution ont fait chanceler le régime… C’est cette histoire incroyable, nourrie de personnages foncièrement humains, généreux autant que visionnaires, que nous conte Juliette Vaast, textes et dessins dans la B.D. « Croquants » sous-titrée les insurgés du Rouergue 1643, parue en fin d’année dernière et publiée en 1000 exemplaires par l’association Luttes Populaires en Bas-Rouergue. Un ouvrage qui force l’admiration tant par sa rigueur historique, sur plusieurs mois on suit ainsi patiemment chaque protagoniste, que par la dimension épique des portraits brossés de ces gens modestes à la conscience politique très affirmée. Qualité supplémentaire en avant-propos un mémo des principaux participants particulièrement bien typés et à la fin plusieurs pages pour restituer parfaitement le contexte social et politique de l’époque mais aussi sa trace mémorielle et tout particulièrement sa résonance dans notre département. « Je suis ici pour avoir voulu faire le bien » s’écriera ainsi Jean Petit juste avant de subir le supplice de la roue… Des paroles qui plus tard feront écho…    À lire sans délai.

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