Sortie scolaire

De ses années d’école, de collège ou de lycée, tout le monde en garde nombre de souvenirs, d’excellents le plus souvent, certains plus anecdotiques, d’autres enfin plus intimes voire douloureux que l’on enfouit au plus profond de sa mémoire. Niveau professionnel, c’est la même chose quand vient l’heure de la retraite, du sacro-saint pot de départ impossible à éviter avec discours convenus de circonstances entre sincère camaraderie des uns et hypocrisie vertueuse des autres, à la nostalgie douce-amère quand il faut tourner une page de sa vie, cœur serré et sentiments mêlés. Avec « Jove e polit » le spectacle de Jean-Louis Courtial présenté hier en début d’après-midi midi à la M.J.C. de Rodez dans le cadre de l’Estivada, c’est exactement de cela dont il est question, des instantanés sur le dernier demi-siècle en version double plongée élève et ancien prof… Feuilleter un dictionnaire mais seulement s’attarder sur quelques mots emblématiques, propices à ouvrir des portes, des rencontres, des amitiés… D’un fil ténu faire une pelote, d’un geste esquisser une présence, d’un bon mot retrouver des éclats de rire, d’un détail infime brosser un portrait aussi juste que possible… ce qui implique précision, sens de observation et du détail qui fait mouche… Pour seul décor: un bureau comme on n’en voit plus qu’au cinéma, une vieille sacoche de cuir vintage au possible, et quelques copies qu’on imagine plus marquantes que d’autres … Tout de noir vêtu comme un hommage respectueux aux hussards de Jules Ferry, seul en scène, pendant prés d’une heure et demie il va égrener tel le petit Poucet ses cailloux blancs. Du sépia pour évoquer les veillées autour de la cheminée de toute la famille réunie ou le bus du ramassage, du noir et blanc pour dépeindre les travers de ses copains ou des profs qui l’ont marqué, de la couleur pour l’époque actuelle que l’on croque à pleines dents… Parmi les meilleurs moments, l’épisode sur l’érotisme insoupçonné du triangle rectangle ou les formules algébriques déclinées à l’accordéon, le plaisir vénéneux du catéchisme, le chat de la voisine, ou les délices du croissant… moins aboutie en revanche la chute capillotractée… Mimique, gestuelle, occupation de l’espace, diction nuancée, mots bien choisis, ce one-man-show captive chacun tant il résonne d’authenticité.                                                        L’enfant du Lévézou est à retrouver en tournée cet automne dans différents lieux du département.

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