Orages et désespoir

La météo hier a joué des tours à l’Estivada. Notre département ayant été placé très tôt en vigilance orange, la programmation a été modifiée dans l’urgence. C’est ainsi que le concert de Feràmia prévu au jardin public a débuté avec une heure d’avance et donc les heureux festivaliers qui étaient à la M.J.C. pour Peiraguda ont juste eu le temps d’arriver pour entendre les dernières notes, que le rendez-vous Balèti a lui purement et simplement été supprimé et que donc en fin d’après-midi sur l’esplanade des Ruthènes, seules quelques âmes en peine continuaient à déambuler un peu déboussolées… L’information avait été communiquée par « les réseaux sociaux » sic, telle était la réponse faite aux malheureux qui ne vivent pas avec un smartphone greffé dans l’oreille ou l’œil rivé sur l’ordinateur… C’est vrai que de telles annonces prononcées de vive voix dans la salle de la M.J.C. par exemple eussent été synonymes d’extrême ringardise!!! Pour la deuxième soirée prévue à la grande scène, le public était sans commune mesure avec celui de la veille. Seules les chaises disposées devant avaient trouvé preneurs, plus les inconditionnels regroupés debout devant les barrières et, beaucoup, beaucoup plus épars quelques dizaines de spectateurs en arrière-plan. Dommage car San Salvador, le groupe de polyphonies qui ouvrait la soirée déborde d’énergie communicative, propose un récital vraiment très élaboré et particulièrement original, qui puise autant à la tradition du genre qu’à son renouvellement, où les voix des six interprètes font merveille quant à l’équilibre, la puissance et l’harmonie. Avec pour seuls instruments pour marquer le tempo deux tambours et un tambourin , cet ensemble de Corrèze déjà venu il y a un an tout juste, nous entraîne dans un univers envoûtant et pour tout dire quasi hypnotique. De mélopées incantatoires en psalmodies quasi religieuses, de ballades antimilitaristes composées par un poilu de 14 fustigeant l’attitude de politiques loin du peuple en mélodies frénétiques, on se laissait porter avec bonheur par cette atmosphère aussi délicieusement subtile que tumultueuse à souhait. Présence sur scène incontestable, rythme chevillé au corps et complicité de bon aloi, ce spectacle hélas écourté pour cause d’orages menaçants devenait pow-wow magique et triomphant… la pluie pouvait commencer à tomber .

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