Écrits en Francis

Première soirée de l’Estivada 2018 qui pourrait laisser pour le moins plus que dubitatif pour ne pas dire franchement perplexe… Au départ un projet clamé haut et (Astaf)fort pour mettre en lumière « Les troubadours » et leur patrimoine culturel comme ambassadeurs intemporels de l’Occitanie, au mieux ignorés ou mal connus pour beaucoup, politiquement passés sous silence ou volontairement profondément enfouis dans les livres d’histoire comme seuls esthètes de l’amour courtois, pour le bon plaisir de châtelains en mal d’inspiration pour conter fleurette à leurs gentes dames… Une image poussiéreuse et surannée dont il faut de toute urgence donner une autre vision… Vaste et noble projet auquel on ne peut que souscrire de réhabiliter ainsi qui Bernart de Ventadour qui Bertrand de Born auxquels, par exemple, d’éminents spécialistes de différents pays ont, via des vidéos projetés sur les écrans adjacents à la grande scène, rendu hommage comme témoins de leurs temps… comme un livre d’enluminures que l’on feuillette avec plaisir… Si la soirée avait bien débuté avec, réunis autour de Francis Cabrel  les petits élèves de la calandreta et de Cambon-Monteil pour interpréter avec fougue « Il faudra leur dire », la suite allait s’avérer autrement plus discutable… De Marcel Amont ressuscité en mode revival à Dick Annegarn version flamand pur jus, jusqu’à des élucubrations supposées poétiques de Claude Sicre en gourou au prêche incantatoire, et trop de temps morts, tout cela semblait pour nombre de spectateurs franchement incongru voire totalement abscons et rédhibitoire … et tout le monde de commencer à trépigner et à se manifester de plus en plus… Une chanson spécialement écrite pour la soirée sur ces « Rock stars du Moyen-Âge » venait avec bonheur relancer une ambiance qui commençait sérieusement à se déliter. Ensuite place à celui que tous attendaient: Francis Cabrel tel qu’en lui-même, œil qui frise et sourire gourmand, décontraction de bon aloi en bandoulière pour revisiter les grands succès de son répertoire aux textes bien ciselés, plus quelques nouveautés… Une prestation de haut vol agrémentée ça et là d’envolées vocales complices en oc bien sûr, avec les polyphonies des groupes « Corou de Berra » ou « Peiraguda » pour un récital qui fait la part belle à la passion, à l’humanisme, à la générosité communicative, au respect d’autrui mais aussi rend hommage à la mémoire des Cathares…                                                                                                                                              Un moment magnifique de communion avec un public conquis, lequel eut le mérite de longuement patienter.

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