Natures mortes

Un décor hétéroclite et sommaire fait de bric et de broc, et, un peu décalé, dans un coin une table de bar où est attablé un couple tout de blanc vêtu, deux anges désabusés lesquels avec ironie commentent et décryptent la vie antérieure de tous ceux qui se pressent pour atteindre le paradis, la béatitude ou le nirvana… de facto l’au-delà et ses mystères… Des morts aux origines multiples, d’époques et de religions différentes, mais tous avec des destinées très singulières… Ces défunts, ces ombres, ces spectres, ces fantômes, pendant toute la pièce « Les croisades » de Michel Azama, tour à tour, nous les côtoyons, partageons leur quotidien d’angoisse, de terreur, de blessures, de regrets ou de souvenirs… bons ou mauvais, des itinéraires de vie au milieu de conflits meurtriers, d’épreuves, de dangers, où l’intégrisme des uns fait écho à l’obscurantisme des autres, où l’intelligence, le respect, l’empathie ou la compassion ont laissé place à la folie destructrice, la vengeance, le talion, la haine… « La guerre est l’activité humaine qui a le plus d’avenir » soupire ainsi un des personnages, ce que tous les tableaux successifs illustrent tragiquement à leur manière… Les cohortes d’anonymes accompagnant Frédéric Barberousse ou Richard Cœur de Lion à la reconquête de Jérusalem, mais aussi le sniper à l’affût, le terrorisme aveugle ou la bombe au phosphore, c’est à un catalogue d’atrocités en tous genres -et toujours d’actualité- sous-tendu d’idéologies mortifères que nous assistons… un requiem pour les victimes où les coupables sont toujours « ceux d’en face… les chiens »... le bien contre le mal… Des destins individuels qui se croisent sans cesse, passé, présent, et futur mêlés, frontières abolies, funeste maelström toujours plus incontrôlable, nourri de chair et de sang… pour jalonner de douleurs l’histoire… notre Histoire… « La mort d’un homme c’est une tragédie, la disparition de millions de gens c’est la statistique » osera un jour Staline!!!                          Tous les comédiens amateurs de l’atelier de théâtre du lundi de la M.J.C. d’Onet portent avec beaucoup de détermination ce spectacle ambitieux où l’émotion à fleur de peau rend palpable le coté obscur de l’humanité qui hante la mémoire de chacun. Encore à l’affiche plusieurs fois la semaine prochaine.

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