Folie douze

Douze acteurs amateurs sous la direction de Corinne Andrieu pour jouer douze tableaux de divers auteurs en conclusion d’une année de pratique ludique et bon enfant à la M.J.C. de Rodez, une longue soirée de près de deux heures pour se dépasser individuellement et/ou collectivement sans se prendre trop au sérieux, voilà probablement comment on pourrait résumer le spectacle présenté hier soir in situ sous le générique de « Courts circuits ». Une fin d’atelier sous forme de kaléidoscope de situations très disparates puisque on y croise aussi bien des textes signés Harold Pinter, Prix Nobel de littérature et chantre reconnu de la noirceur policée et du décalage insidieux, modèle du so british, d’autres d’Alan Ball bien connu dans l’univers d’Hollywood mais gravitant à sa marge et enfin de Claude Bourgeyx, seul auteur français du lot. Une soirée de théâtre contemporain en demi-teinte où certains moments sont nettement plus réussis que d’autres, placée autant sous le registre de l’absurde que de esbrouffe volubile, la bienséance obséquieuse mêlée de sous-entendus vénéneux, le dérisoire et la vanité, l’insignifiance apparente vermoulue de perversité… C’est dire l’ambition de ce projet. Certains enjeux du monde actuel comme les relations hommes/femmes feraient sans aucun doute rougir de plaisir notre sémillante Secrétaire d’Etat Marlène Shiappa, dont c’est le domaine de prédilection, mais pas que… D’autres sujets tout autant d’actualité sont aussi au répertoire comme le quotidien au travail et les collègues, les chimères ou les fantasmes, la frustration ou le grotesque, les aspirations d’épanouissement confrontées aux réalités plus prosaïques… vaste programme indeed…      Tous les comédiens rivalisent d’énergie, la musique live en soutien, l’espace de la grande scène souvent redécoupé pour donner toujours plus de rythme, les jeux de lumières très élaborées – entrée tonitruante sous un balayage stroboscopique- costumes soignés façon City triomphante avec tailleurs stricts, costumes chics et attaché-cases de circonstances, conventions sociales étouffantes bien comprises avant explosion inévitable, voilà les ingrédients d’une soirée inégale où chaque séquence hésite entre férocité et coups bas, improbable et inattendu.

 

 

 

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Un commentaire pour Folie douze

  1. ARNONE dit :

    Merci pour l’intérêt porté à notre spectacle. Bonne synthèse sur l’ensemble des saynètes et des pièces même si la critique est parfois un peu sévère!

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